Vers un révisionnisme littéraire ?

 

Après le totalitarisme du coronavirus, bienvenue au totalitarisme « antiracisme » !

 

A la suite des mouvements de contestation contre les violences policières qui ont éclaté aux Etats-Unis au mois de mai 2020, la chasse au racisme s’est ouverte à son tour en France.

 

Un délire idéologique s’est rapidement emparé des groupes de pression ad hoc, jamais à cours d’imagination pour dénoncer et réécrire, à leur manière, des pans entiers de notre histoire et de notre culture.

 

Examinons les derniers développements…

 

Le douze juin, l’adaptation du roman américain de Margaret Mitchell «  Autant en emporte le vent » vivait son entrée fracassante dans le monde heureux de la censure : Annulation de la projection au cinéma le Grand Rex (Paris) de son adaptation cinématographique (1939) par la Warner Bros, suppression du film du catalogue de la plate-forme numérique HBO Max, publication par l’éditeur Gallmeister d’une nouvelle édition « revisitée » de l’ œuvre  - selon le jargon en vogue - c’est-à-dire traduite de façon jugée moins discriminatoire envers les Noirs. La peinture des Etats du Sud à l’époque de la Guerre de Sécession n’est vraiment plus acceptable aujourd’hui !

 

Nous savions que le virus du politiquement correct autrement plus ravageur sur les intelligences  que le Covid-19 sur les corps, s’était déjà saisi dans le passé du dossier « Banania », de « Tintin au Congo », mais nous avons décidé nous aussi d’ajouter nos propres blâmes.

 

Ainsi, comment pourrions-nous tolérer désormais dans nos bibliothèques la présence de  « Dix petits nègres », le roman policier vedette d’Agatha Christie (1939), ou bien «  Les petits contes nègres pour les enfants des blancs » de l’écrivain franco-suisse Blaise Cendrars (1928), ou encore «  De l’esclavage des nègres » dans le Livre XV de l’Esprit des Lois de Montesquieu ?

 

Comment ne pas refuser tout aussi énergiquement d’étudier des pièces de théâtre de William Shakespeare comme « Otello », outrageante représentation d’un général africain meurtrier de son épouse !

 

Comment ne pas rejeter non plus « Le Marchand de Venise » en raison de son personnage Shylock, riche usurier juif qui pratique des taux déraisonnables et fait montre d’une grande cruauté dans le recouvrement de ses créances ?

 

Vous pensiez pouvoir alors parcourir paisiblement les pages d’« Oliver Twist », chef-d’œuvre classique du romancier britannique Charles Dickens (1837) ? Que nenni, le petit orphelin est recueilli par Fagin, un juif décrit sans scrupules et avare, chef impitoyable d’une bande de petits voleurs qui détroussent les bourgeois londoniens sous l’ère victorienne.

 

Bref, l’autodafé n’est plus très éloigné !

 

Faudra-t-il bientôt convoquer devant les tribunaux tous ces auteurs et les condamner à titre posthume pour discrimination et  incitation à la haine, eux et leurs descendants ?

 

Amis lecteurs, allons-nous nous soumettre à ce nouvel assaut dictatorial ? Mon parti est pris, et le vôtre ?

 

Catherine TERIAC

Le 29 juin 2020