Saint Joseph à Bethléem 

Saint Joseph à la naissance de Jésus

"Docile à l'ordre de l'empereur Auguste, Joseph, dit l'évangéliste, alla de la Galilée en Judée, de la ville de Nazareth en celle de David, qui se nomme Bethléem, pour se faire inscrire avec Marie, son épouse". Ne trouvant point de place dans les hôtelleries, parce qu'ils étaient pauvres, ils se réfugient dans une étable aban­donnée, où l'on enfermait les troupeaux pen­dant la nuit. Et c'est là, ô mystère! dans cette grotte déserte, que la Vierge d'Israël enfante miraculeusement son Fils premier-né. Elle l'en­veloppe de pauvres langes et le couche dans une crèche. Joseph se prosterne, contemple avec amour l'Enfant-Dieu, et l'adore dans les sentiments d'une joie ineffable. "C'est mon Dieu, s'écrie-t-il au dedans de lui-même, c'est mon Fils adoptif!" Alors, tout transporté d'allé­gresse, il le prend respectueusement dans ses bras, le presse sur son cœur, le couvre de ses embrassements et l'arrose de ses larmes. Dieu seul connaît ce qui se passe en ce moment dans les deux cœurs du Fils et du père!

Ame chrétienne, apprenons aujourd'hui à l'école de Joseph, l'art divin de la contemplation de Jésus. Représentons-nous l'Enfant-Dieu dans la crèche, sur la paille, dans les langes. Il souffre, il pleure, il est petit, faible, pauvre, pour nous mériter les richesses, la grandeur, la gloire de l'éternité.

 

Ô Joseph! ô Marie! remplissez nos cœurs de sentiments dont les vôtres étaient pénétrés à la naissance du Verbe incarné.

 

Naissance de Jésus eucharistique

Saint Athanase compare le tabernacle, où repose la divine Eucharistie, à la crèche, où reposait l'Enfant-Jésus. En effet, le Dieu que nous adorons sur l'autel est bien le même que Marie et Joseph adorèrent à Bethléem; s'il y a une différence, j'ose dire qu'elle est en faveur de l'Eucharistie. Dans la crèche, l'humanité sainte du Sauveur était passible et mortelle, tan­dis que sur l'autel elle est immortelle et glo­rieuse à jamais. Nous sommes, en un sens, plus privilégiés que saint Joseph; il tenait Jésus entre ses bras, il le voyait, le touchait, l'entendait; tout cela est extérieur. Combien plus intimes sont les rapports que la communion établit entre Jésus et mon âme! Il vient en moi, Il se place sur mon cœur, Il s'unit, s'identifie pour ainsi dire avec moi, pour me changer en Lui; en sorte que ce n'est plus moi qui vis, mais c'est le Christ qui vit en moi. Oh! quel bonheur! quelle source inépuisable de grâces! Comment se fait-il donc que nous visitions si peu notre Hôte divin, que nous Le recevions si rarement? Il est dans le tabernacle par amour pour les hommes, et les hommes le délaissent! Il les convie à sa table, et ils refusent de s'y asseoir. "Non, l'amour n'est pas aimé, s'écrie saint Augustin: Amor non amatur."

Ah! vous, du moins, âme chrétienne, répon­dez à son appel, ce sera une consolation pour son âme attristée. Ô divin Emmanuel! Hostie d'amour, faites que nous ayons faim et soif de vos délices, afin que, passant de la crèche à l'autel, de l'Enfant qui sourit au Dieu qui se donne, nous arrivions enfin au tabernacle de l'éternel Amour, à la communion de l'éternelle Vie!

 

Suivons l'exemple de Sainte Catherine de Sienne

Sainte Catherine de Sienne fut une des plus angéliques amies de Jésus-Hostie. Cette âme, pure comme les anges, ne pouvait vivre un jour sans goûter le divin mystère. Ecoutons le prêtre vénérable qui la dirigeait: "Souvent Catherine venait me dire: "Mon père, j'ai faim; pour Dieu, donnez à mon âme sa nourriture." - Un jour de Saint-Marc, nous avions profité d'une matinée de beau temps pour visiter quelques serviteurs de Dieu qui demeuraient dans la campagne; nous ne revînmes à Sienne qu'un peu tard. Catherine me dit: Ô mon père! si vous saviez que j'ai faim!" - Je compris ces paroles et je ré­pondis: "L'heure de la messe est passée, et je suis si fatigué que je ne me sens pas la force de me préparer au saint sacrifice." Catherine se tut; mais quelques instants après, ne pouvant com­primer son désir, elle répéta: "J'ai faim!" Alors je me rendis à la chapelle et je commençai la sainte messe. Ô prodige! pendant que j'opérais la fraction de l'hostie consacrée, une parcelle s'envola de mes mains et vint se reposer sur la langue de la sainte, dont le visage était éclatant comme celui d'un ange. C'est ainsi que le Seigneur apaisa les désirs embrasés de son épouse fidèle.

Ah! si nous avions faim et soif de Notre ­Seigneur comme les saints, Il se donnerait sou­vent à nous, et nous serions pleinement rassa­siés! - Ô Joseph! excitez en nous cette faim et cette soif!

 

Prière

Bienheureux Joseph! il m'est donné de parta­ger votre bonheur. Le Dieu fait homme que vous adoriez à Bethléem est devenu le prison­nier volontaire de nos saints tabernacles, la vie et la nourriture de nos âmes. Mais, hélas! que je suis loin de partager votre foi et votre amour pour lui! Ô mon aimable modèle! inspirez-moi vos sentiments. Faites qu'à votre exemple, je me plaise avec Jésus, que je trouve mon bonheur à le visiter, à le recevoir souvent; car lui seul est mon trésor, mon amour, tout mon bien pour la vie et l'éternité.

Ainsi soit-il.