« Rome perdra la foi… »

 

 

Sur l’ordre formel de Marie Immaculée, ce sont les paroles transcrites par Mélanie de La Salette, relatant ce qu’elle a entendu de la Dame qui lui est apparue le 19 septembre 1846.

 

La Salette et son message ont fait l’objet, depuis cette date, de nombreux commentaires : les uns approuvent et propagent le récit de l’Apparition, les autres le critiquent et condamnent. Pour les uns, Mélanie et Maximin, tout simples qu’ils furent, étaient des petits pâtres d’une grande beauté d’âme et incapables de mensonge, de dissimulation. Pour les autres, ces ‘voyants’ furent des esprits faibles et dérangés.

 

A tout le moins, ce que l’on peut dire, c’est que ces personnages ne laissent pas indifférents, jusqu’à aujourd’hui. Un article récent, publié par le Courrier de Rome (août/septembre 2020) sous la plume de l’abbé Jean-Michel Gleize, professeur au Séminaire d’Ecône, relativise la portée du message et prend de son côté pour appui des sommités ecclésiastiques, Mgr Lefebvre inclus.

 

Notre abbé, professeur d’ecclésiologie, semble au moins méconnaître, en ce qui concerne le Fondateur de la Fraternité Saint-Pie X, l’existence d’une retraite que prêcha l’évêque d’Ecône aux séminaristes pour la Semaine sainte de l’année 1988, quelques mois avant les sacres épiscopaux du 30 juin. Notre abbé n’était pas encore séminariste, ce qui explique peut-être la lacune dont il fait montre. Il parle de la mention de La Salette que fait Mgr Lefebvre lors de son homélie, mais c’est pour minimiser la portée de ses propos (§ 14, p. 12) : « Dans le sermon des sacres du 30 juin 1988, Mgr Lefebvre cite cette prophétie de La Salette, mais il évite de mentionner l’expression que Mélanie attribue à la Sainte Vierge. Il se contente de dire : « La Sainte Vierge a annoncé comme une éclipse à Rome, une éclipse dans la foi. » Cette réserve, venue de la part d’un pasteur dont le recul du temps ne fait qu’accréditer la sagesse, devrait nous donner matière à grande réflexion. »

 

Je suis allé à la source pour vérifier les propos de Monseigneur (Ecône, Chaire de Vérité, p. 929). Voici : « Vous connaissez aussi les apparitions de La Salette, où Notre-Dame annonce que Rome perdra la foi, qu’il y aura une éclipse à Rome. Eclipse, vous voyez ce que cela peut signifier de la part de la très sainte Vierge. » Monseigneur ne dit pas : ‘comme une éclipse’, mais  formellement : ’une éclipse’. C’est bien différent. L’abbé Gleize, par l’emploi du ‘comme’, fait mentir l’Archevêque. Le procédé est curieux. Il est malhonnête.

 

Poursuivons. Ce n’est pas la seule fois que Monseigneur a parlé des apparitions et du message dont la portée est nettement relativisée par notre éminent professeur. Je reviens à la retraite de Pâques 1988. Le prédicateur commençait sa retraite par ces mots (avant la deuxième minute, introductive à la retraite) : « Rome perdra la foi et deviendra le siège de l’antéchrist. » S’adressant aux futurs prêtres que nous étions, l’archevêque insista à plusieurs reprises sur cette parole sévère de Notre-Dame : « C’est ce que nous vivons, Rome perd la foi, cela ne dépend pas de nous, nous ne pouvons que le constater. Que l’Eglise soit éclipsée, on se le demande parfois : que reste-t-il de l’Eglise ? Lorsque l’on sait que la perte de la foi à Rome s’étend partout. Quels sont les évêques qui ont encore une foi intègre et qui par conséquent ont la foi catholique, car si on met en doute un seul article de la foi, on n’est plus catholique ? On perd la foi, n’a plus la foi. C’est un fait, nous ne pouvons pas nier ces circonstances. »  Le lendemain matin l’archevêque reprend le fil de la retraite par la citation renouvelée que « Rome perd la foi, que les mœurs sont corrompus. »

 

 

La conclusion s’impose sans qu’on ait à modifier, tordre voire torturer les textes - et donc la réalité - : Monseigneur Lefebvre était absolument favorable à l’ensemble du message de La Salette, de façon intégrale et non diminuée, non tronquée. Monseigneur disait ce qu’il avait à dire, il ne faisait pas de sous-entendu. Si le Message tel qu’il est publié avait été douteux ou truqué, il nous l’aurait dit avec force. Bien loin de tout cela, c’est par ces mots qu’il commence la retraite pascale. C’est un point ignoré, ou mis sous silence (nous inclinons à croire que c’est volontaire) par l’abbé Gleize.

 

En effet, pourquoi le Professeur d’Ecône relative-t-il le Message de Notre-Dame ? Pour la même raison qu’il refuse de voir dans l’Eglise la présence d’une contre-Eglise, d’une ‘église conciliaire’ sur laquelle Mgr Tissier de Mallerais avait fort bien écrit naguère (http://www.dominicainsavrille.fr/?ddownload=9338) et que Mgr Viganò vient de pointer du doigt pour la dénoncer : « Je suis également d’accord avec ce que Son Excellence Mgr Bernard Tissier de Mallerais a observé à propos de la coexistence de deux entités à Rome : l’Église du Christ est occupée et éclipsée par la structure moderniste conciliaire, qui s’est imposée dans la même hiérarchie et utilise l’autorité de ses ministres pour l’emporter sur l’Épouse du Christ et notre Mère. L’Église du Christ – qui non seulement subsiste dans l’Église catholique, mais qui est exclusivement l’Église catholique – n’est qu’obscurcie, éclipsée par une étrange et extravagante église installée à Rome. » (2 septembre 2020, « Ne cédons pas à la tentation d’abandonner l’Église parce qu’elle est envahie par les hérétiques et les fornicateurs : ce sont eux qu’il faut chasser ! »)

 

Les théologiens reconnus par Menzingen ne veulent plus parler de ces réalités. Comme les temps ont changé !

 

L’Histoire montre que les opposants au message intégral de La Salette sont morts de façon étonnante. Nous publierons dans un prochain billet les noms de ces personnages, tous ou presque tous mitrés. J’ai en effet sous les yeux la transcription des conférences données en 1992 par Monsieur Henri Bourgeois, que je connus à Saint-Malo et qui faisait partie de nos fidèles dévoués jusqu’à son décès. Depuis longtemps j’avais les conférences de ce grand dévot à Notre-Dame de La Salette, mais je viens d’en avoir la transcription par notre confrère l’abbé Stéphane Grenon, depuis longtemps auprès du cher Curé Epiney à Riddes, à deux pas d’Ecône. L’abbé Grenon a repris dans un bon sermon (2 août 2020) les dires du professeur d’Ecône qui s’est égaré dans une conférence à Lausanne. Loin de se reprendre, il commet plusieurs articles dans le Courrier de Rome cité plus haut. Il attaque Notre-Dame et la Sainte Eglise qui a officiellement reconnu l’Apparition de 1846. Il est vrai que le Message de la Vierge dérange par les vérités que la Belle Dame dévoile. Plutôt que de le recevoir humblement, il est plus facile de ridiculiser et les clercs s’y connaissent en la matière, pour les besoins de la cause… ! Oui, Notre-Dame dit des choses gênantes : Rome perdra la foi ! Saint Paul lui-même ne l’a-t-il pas annoncé ? (voir sur ce site le commentaire de saint Thomas d’Aquin sur 2 Thes. 2, 1-5 : https://www.saintjoseph-tradition.org/dies-mali-sunt)

 

Trois Papes ont reconnu ce secret : Pie IX, Léon XIII et saint Pie X. Ce ne sont pas les moindres des Pontifes !

 

Notre-Dame a voulu à La Salette adresser un « pressant appel à la terre ; j’appelle les vrais disciples du Dieu vivant et régent dans les cieux. » Tout le Message est à prendre à la lettre et donc au sérieux. Nous publierons sous peu des témoignages sur les deux messagers, Maximin et Mélanie. Nous publierons aussi, pour faire saisir la gravité du Message, la triste fin sur terre de ceux qui voulu persécuter Mélanie et le Secret. Ils sont morts et nous verrons comment…

 

Ne pas croire, hausser les épaules avec des sophismes fait paraître intelligent dans un salon, sans nul doute. Mais de Dieu et de la Reine des reines, on ne se moque pas impunément. « Le roi des rois des ténèbres (…) sera étouffé par le souffle de saint Michel Archange (…) Alors l’eau et le feu purifieront la terre et consumeront toutes les œuvres de l’orgueil des hommes, et tout sera renouvelé : Dieu sera servi et glorifié. »

 

Notre-Dame n’a qu’un désir : le Règne du Christ. Elle le déclare expressément, nous venons de le lire.

 

Adveniat Regnum tuum !

 

 

Abbé Dominique Rousseau

10 octobre 2020