La Fraternité de la Transfiguration réagit ! 

Un prêtre de la Fraternité Saint-Pie X a rédigé un ouvrage, sorti des presses au printemps dernier.

En voici le titre :

Les dissensions ecclésiales, un défi pour l'Église catholique, Ed. du Cerf 2019.

 

L’ecclésiastique, actuellement en poste dans le District de France de la Fraternité, a enseigné au Séminaire Saint-Curé d’Ars de Flavigny en 2012-2013. Nombre de séminaristes alors réagirent aux idées libérales favorables au modernisme qu'il véhiculait dans ses cours et, à la fin de l'année, la direction du Séminaire demanda sa mutation. Il revint alors au Prieuré qu'il avait quitté un an plus tôt. Il s’inscrivit en faculté de Droit canonique à Strasbourg et, au printemps dernier (2019), il a commis un ouvrage sur sa thèse ci-dessus nommée.

 

Nous nous contenterons dans cette rubrique de retranscrire intégralement la recension qu’en fait la Fraternité de la Transfiguration (Maison Saint-Joseph

"Le Bois" - 36220 - Mérigny), de plus en plus renommée pour son refus des mariages avec la délégation accordée par François à la FSSPX en mars 2017.

 

« Est-il exact d'écrire que « la rupture (entre Mgr Lefebvre et le cardinal Ratzinger en mai-juin 1988) intervient pour des raisons pastorales, mais non pour des motifs doctrinaux et liturgiques » (Les dissensions ecclésiales, un défi pour l'Église catholique, Ed. du Cerf 2019, p. 711).

 

Cette phrase rédigée par un prêtre semble rabaisser le conflit existant depuis Vatican II à un côté humain à « un manque de confiance réciproque ». Il est vrai que cette phrase en introduit une autre : « Elle (la rupture) laisse intact le Protocole d'accord qui constitue une base solide en vue d'une réconciliation future ».

Monsieur l'Abbé, s'il y a eu rupture entre Monseigneur Lefebvre et les autorités romaines de l'époque, ce n'était pas pour des raisons psychologiques, mais bien pour des raisons doctrinales. Vous allez jusqu'à écrire que « le cardinal Ratzinger n'a pas su dissiper les craintes de l'archevêque ».

 

Le combat pour la messe de toujours et contre la nouvelle messe est doctrinal. J'ose espérer que vous en êtes convaincu. Mgr Lefebvre déclarait ce nouvel Ordo « équivoque » et « dangereux pour la foi ». Le combat contre les erreurs de Vatican II est doctrinal. Là aussi j'ose espérer que vous en êtes convaincu.

 

Alors de grâce, si vous ne voyez pas cela, ne vous prétendez pas fils spirituel de Mgr Lefebvre. C'est lui qui a ordonné les premiers prêtres de notre Fraternité et, tant que nous aurons un brin de lucidité, nous n'accepterons pas que l'on travestisse l'âme de son combat. 

Peut-être serait-il préférable que vous quittiez votre communauté pour une reconnaissance rapide, que vous obtiendrez facilement, vu vos idées, dans un diocèse ou à Rome.

 

Ah ces canonistes qui veulent à tout prix un accord et qui sont prêts à tous les compromis, fussent-ils doctrinaux. Pour eux il n'y a pas de crise dans l'Église et, par là-même, pas d'état de nécessité. » (La Simandre, nov-déc. 2019)

 

Nos lecteurs apprécieront de relire (ou lire) ce que Monseigneur Lefebvre écrivait au sujet des rapports avec les autorités romaines, lors des Sacres de 1988.

Voici un texte publié dans la revue Fideliter :

Mgr Lefebvre : « Je poserai mes conditions à une reprise éventuelle des colloques avec Rome »

(Fideliter n° 66 - Septembre-octobre 1988, p. 12-14)

" Nous n'avons pas la même façon de concevoir la réconciliation. Le cardinal Ratzinger la voit dans le sens de nous réduire, de nous ramener à Vatican II. Nous, nous la voyons comme un retour de Rome à la Tradition. On ne s'entend pas. C'est un dialogue de sourds. Je ne peux pas beaucoup parler d'avenir, car le mien est derrière moi. Mais si je vis encore un peu, et en supposant que d'ici un certain temps Rome fasse un appel, qu'on veuille nous revoir, reprendre langue, à ce moment-là, c'est moi qui poserai les conditions.

Je n'accepterai plus d'être dans la situation où nous nous sommes trouvés lors des colloques. C'est fini. Je poserai la question au plan doctrinal : « Est-ce que vous êtes d'accord avec les grandes encycliques de tous les papes qui vous ont précédés ? Est-ce que vous êtes d'accord avec Quanta Cura de Pie IX, Immortale DeiLibertas Praestantissimum de Léon XIII, Pascendi de Pie X, Quas Primas de Pie XI, Humani generis de Pie XII ?

Est-ce que vous êtes en pleine communion avec ces papes et avec leurs affirmations ? Est-ce que vous acceptez encore le serment antimoderniste ? Est-ce que vous êtes pour le règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ ? Si vous n'acceptez pas la doctrine de vos prédécesseurs, il est inutile de parler. Tant que vous n'aurez pas accepté de reformer le Concile, en considérant la doctrine de ces papes qui vous ont précédé, il n'y a pas de dialogue possible. C'est inutile ».

Les positions seraient ainsi plus claires.

Ce n'est pas une petite chose qui nous oppose. II ne suffit pas qu'on nous dise : « Vous pouvez dire la messe ancienne, mais il faut accepter cela [le Concile] ». Non, ce n'est pas que cela (la messe) qui nous oppose, c'est la doctrine. C'est clair.

C'est ce qui est grave chez dom Gérard et c'est ce qui l'a perdu. Dom Gérard n'a toujours vu que la liturgie et la vie monastique. II ne voit pas clairement les problèmes théologiques du Concile, de la liberté religieuse. Il ne voit pas la malice de ces erreurs. Il n'a jamais été très soucieux de cela. Ce qui le touchait, c'était la réforme liturgique, la réforme des monastères bénédictins. Il est parti de Tournay en disant : " je ne peux pas accepter cela". Alors, il a reformé une communauté de moines avec la liturgie, dans la pensée bénédictine. Très bien, c'était magnifique. Mais je pense qu'il n'a pas suffisamment mesure que ces réformes qui l'avaient amené à quitter son monastère étaient la conséquence des erreurs qui sont dans le Concile. Pourvu qu'on lui accorde ce qu'il cherchait, cet esprit monastique et la liturgie traditionnelle, il a ce qu'il veut et le reste lui est indifférent. Mais il tombe dans un piège, car les autres n'ont rien cédé sur ces faux principes.

C'est dommage, car cela fait tout de même soixante moines, dont une vingtaine de prêtres et trente moniales. II y a presque une centaine de jeunes qui sont là, complètement désemparés et dont les familles sont inquiètes ou même divisées. 

C'est désastreux.

 † Marcel LEFEBVRE

Un train cachant un autre, ce prêtre a un frère dans la Fraternité. Ce dernier est depuis août 2019 prieur dans le District de France de la Fraternité. Il déclarait voici quelques années qu’il n’y avait pas de différences entre la Fraternité Saint-Pie X et l’Institut du Christ-Roi. Peut-être ne se trompe-t-il pas tant que cela… ?

Et... une fois de plus, le site de la FSSPX présentant l'ouvrage en le louangeant masque la réalité. Afin que nos lecteurs puissent juger sur pièce, voici le lien de FSSPX.NEWS : https://fsspx.news/fr/entretien-avec-abbe-pierre-marie-berthe-53959

 

Mais... que font ces prêtres dans la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X ? Et que font leurs Supérieurs ? Nous conclurons avec la question pertinente, posée par les Révérends Pères de la Fraternité de la Transfiguration :

 

  « Peut-être serait-il préférable que vous quittiez votre communauté pour une

reconnaissance rapide, que vous obtiendrez facilement,

vu vos idées, dans un diocèse ou à Rome. »

 

Martin Dalbanne

6 janvier 2020

En la fête de l'Epiphanie

La Fraternité de la Transfiguration réagit une deuxième fois au livre de l’abbé P-M. BERTHE :

Les dissensions ecclésiales, un défi pour l’Église catholique

 

"NON : En cette période de l’année durant laquelle l’Église nous demande de prier, du 18 au 25 janvier, pour le retour à l’unité catholique des chrétiens séparés, nous lisons dans le livre ci-dessus mentionné, écrit récemment, (p. 800) sous le chapitre III : « Comment préparer des réconciliations futures » (p. 794) et au paragraphe C : « Des lois qui manifestent et suscitent le désir de l’unité entre chrétiens », les propos suivants : «… Pour que le désir d’unité entre chrétiens ait une forme concrète, il revient au législateur de prévoir rencontres, échanges, prières… Lorsque catholiques et chrétiens non catholiques adressent ensemble des prières, ils doivent demander la grâce de parvenir à dépasser leurs divergences pour être unis dans la foi et la charité autour du successeur de Pierre… De plus, ces prières communes de supplication doivent se faire loin de l’autel pour rappeler la distance qui reste à parcourir, avant d’envisager une réconciliation formelle ».

Ces lignes sont quand même surprenantes lorsqu’elles émanent d’un prêtre de Tradition, car jusqu’à la révolution conciliaire, il était demandé aux catholiques de ne pas s’associer à des chrétiens non catholiques, et à plus forte raison de ne pas prier avec eux.

L’encyclique « Mortalium animos » de Pie XI précise, à l’opposé, de ce qui est écrit ci-dessus : « On comprend donc, Vénérables frères, pourquoi ce Siège apostolique n’a jamais autorisé les fidèles à prendre part aux congrès des non-catholiques : il n’est pas permis en effet, de procurer la réunion des chrétiens autrement qu’en poussant au retour des dissidents à la seule véritable Eglise du Christ… ».

Mais alors, puisqu’il y a contradiction entre les propos de notre auteur et ceux du Pape Pie XI – qui est pourtant l’expression du magistère pérenne de l’Église – on est en droit de se poser la question : où notre auteur a-t-il trouvé l’inspiration de ce qu’il écrit ? La réponse ne se trouverait-elle pas dans deux documents :

  • Dans « Unitatis Redintegratio » du 21 novembre 1964 (texte du Concile Vatican II) :

§ 8 : « En certaines circonstances particulières, par exemple lors des prières prévues « pour l’unité » et lors des réunions œcuméniques, il est permis, bien plus il est souhaitable, que les catholiques s’associent pour prier avec les frères séparés. De telles supplications communes sont assurément un moyen efficace de demander la grâce de l’unité… ».

  • Dans l’encyclique de Jean-Paul II « Ut unum sint » du 25 mai 1995, sous le titre : la priorité de la prière :

§ 21 : « Cet amour trouve son expression la plus accomplie dans la prière commune. Quand les frères qui ne sont plus dans une parfaite communion se réunissent pour prier, le Concile Vatican II définit leur prière comme l’âme de tout le mouvement œcuménique ».

D’ailleurs notre auteur propose aussi le dialogue comme moyen de résoudre les dissensions (p. 781 -782-783-784). Or c’est justement ce même dialogue que propose, avant lui, le Pape Jean-Paul II dans « Ut unum sint » sous le titre « Le dialogue pour résoudre les divergences ». (§ 36 à 39).

Remarquons que « dissensions », « divergences » ou d’autres termes semblables sont des expressions utilisées pour ne pas heurter les chrétiens non catholiques, précise notre auteur, contrairement à schismes ou hérésies (p. 13-14, 25).

Rappelons que l’œcuménisme actuel, prôné officiellement depuis Vatican II jusqu’à aujourd’hui, est un faux œcuménisme qui est en rupture avec l’attitude qu’a toujours tenu l’Église. Il rejette le principe du retour à l’Église catholique.

Il est par conséquent extrêmement surprenant de découvrir sous la plume d’un auteur, qui est censé refuser le dernier concile atypique et son côté novateur, des propositions qui sembleraient issues de Vatican II et de ses développements."

La Simandre de janvier-février 2020, p. 5

Fraternité de la Transfiguration. Maison Saint-Joseph. “Le Bois”. 36220 – Mérigny

 

Abbé Pierre-Marie BERTHE, FSSPX :

Les dissensions ecclésiales, un défi pour l’Église catholique, Ed. du Cerf 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Qui, d'une manière ou d'une autre, se montre imbu de modernisme sera exclu, sans merci, de la charge de directeur ou de professeur ; l'occupant déjà, il en sera retiré ; de même, qui favorise le modernisme, soit en vantant les modernistes ou en excusant leur conduite coupable, soit en critiquant la scolastique, les saints Pères, le magistère de l'Église, soit en refusant obéissance à l'autorité ecclésiastique, quel qu'en soit le dépositaire ; de même qui, en histoire, en archéologie, en exégèse biblique, trahit l'amour de la nouveauté ; de même enfin, qui néglige les sciences sacrées ou paraît leur préférer les profanes. - Dans toute cette question des études, Vénérables Frères, vous n'apporterez jamais trop de vigilance ni de constance, surtout dans le choix des professeurs : car, d'ordinaire, c'est sur le modèle des maîtres que se forment les élèves. Forts de la conscience de votre devoir, agissez en tout ceci prudemment, mais fortement. »

Saint Pie X – Pascendi Domini gregis, n° 66

 

Ces mots du saint Pape retentissent à nos oreilles et nous les avons retransrits pour achever cette brève recension du livre de l’abbé Berthe par les Pères de Mérigny. Honneur à eux de l'avoir fait !

Cet ecclésiastique, bien qu’ayant été relevé de sa fonction de professeur de Séminaire en juin 2013 (Flavigny), vient en effet d’acquérir un doctorat en Droit canonique à Strasbourg. Il est dans la plus urgente nécessité qu’il soit relevé de ses fonctions de prédicateur, pour ne pas nuire aux âmes des fidèles.

Martin Dalbanne – 26 février 2020