« Revêtez Notre-Seigneur Jésus-Christ »

 

Premier dimanche de l’Avent

29 novembre 2020

 

 

 

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

 

Mes bien chers Frères,

C’est aujourd’hui le début de l’année liturgique, donc, plutôt que de fêter une bonne année le 1er janvier, eh bien c’est aujourd’hui que je vous souhaite la bonne et sainte année.

C’est vraiment aujourd’hui le début de la Sainte Année. L’an passé, à la même époque, on n’aurait jamais pensé que cette année fut si particulière : 2020…

Que sera l’année qui va arriver ? Dieu le sait. Mais nous devons tout mettre dans sa main.

Et pour cela il nous faut vivre des vertus chrétiennes. C’est vraiment le sens de l’année liturgique.

 

Voyez dans l’Evangile d’aujourd’hui, l’Evangile aussi du dernier dimanche après la Pentecôte, c’est le même Evangile. Aujourd’hui c’est le passage de saint Luc et le dernier dimanche après la Pentecôte, donc dimanche dernier, c’était celui de saint Matthieu : c’est le même Evangile, l’Evangile de la fin des temps.

 

Notre-Seigneur Jésus-Christ est - comme le dit bien la liturgie du Samedi Saint, quand le prêtre grave les chiffres et les lettres sur le cierge pascal -, l’Alpha et l’Omega, le début et la fin.

 

Notre-Seigneur Jésus-Christ, Dieu, est le centre  de tout, il en est l’auteur, le créateur du ciel et de la terre.

 

Donc Il faut tout rapporter à Notre Seigneur Jésus-Christ. Le terme grec est très fort et le terme latin ne l’est pas moins : « recapitulare ». Tout récapituler dans le Christ, telle est la devise de Saint Pie X. Tout restaurer, tout mettre sous la Tête, qu’est Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Notre-Seigneur Jésus-Christ est notre Chef.

 

Il faut tout centrer sur Notre-Seigneur Jésus-Christ et c’est le sens de l’épitre d’aujourd’hui, c’est le sens aussi de l’évangile.  Notre-Seigneur Jésus-Christ dans l’évangile d’aujourd’hui dit quelque chose de plus qui n’est pas dans saint Matthieu : « Alors le signe du Fils de l’homme paraîtra dans le ciel ». Un signe, quel est ce signe, sinon la croix.

 

C’est par rapport à la Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ que tout sera rendu lumineux lors du jugement final, pour le dernier jour, où tous les élus seront rassemblés et aussi où tous les damnés seront rassemblés, non pour leur gloire, mais pour leur défaite définitive, pour leur honte, mais les justes pour leur gloire éternelle, immortelle, en fonction du Signe du Fils de l’homme.

 

Comment nous serons-nous comportés par rapport à Notre-Seigneur Jésus-Christ, par rapport à ce signe dans le firmament ?

C’est une grande question qu’il nous faut nous poser en ce début d’année liturgique pour y correspondre jour après jour.

 

La croix du Bon Dieu, Notre Seigneur Jésus-Christ est ce signe.

Lors de la bataille du pont Milvius, Constantin a vu dans le ciel ces mots : « In hoc signo vinces - Par ce signe, tu vaincras. » Ce signe était la Croix de Jésus, et il a obtenu la victoire !

 

De quelle victoire s'agit-il, sur quoi, sur qui donc ?

Constantin, tu vaincras qui ? Tu vaincras le démon.

Constantin, tu vaincras quoi ? Le mal, le péché, l’enfer.

 

C’est ce signe qui est dans le ciel et qui a été planté dans notre cœur, notre âme à notre baptême. Eh oui, le prêtre a fait sur nous plusieurs signes de croix, des exorcismes, et puis aussi nous avons été signés au Nom de la Sainte Trinité : « Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit » : trois signes de croix, parce que c’est ce signe qui vainc toutes les hérésies, toutes les catastrophes, tous les péchés, l’enfer lui-même.

 

Et dans l’Épître, Saint-Paul aujourd’hui nous a dit « qu’il faut revêtir Notre-Seigneur Jésus-Christ. »

 

Est-ce que c’est à la façon dont parle Luther qu’il faut revêtir Notre-Seigneur Jésus-Christ comme d’un manteau extérieur et qui ne vêt que l’extérieur mais pas l’intérieur ?

 

Pour l’hérétique Luther, l’homme est purifié extérieurement, c’est un bel apparat mais la grâce ne rentre pas dans le cœur de l’homme. Pour Luther l’homme est à la fois juste et pécheur. Juste et pécheur. Non, c'est faux : la justice exclut le péché. Mais le péché ôte hélas la justice, donc la sainteté.

Nous sommes ou pécheurs ou justes. Pour Luther c’est les deux en même temps, et juste et pécheur. On dirait Macron pour qui le principe de non-contradition est évacué : en même temps !

Mais c’est de la folie. Ce mécréant Macron est certainement un héritier de Luther.

 

Ce monde dans lequel nous sommes ne considère que la terre et le protestantisme ne regarde que la terre aussi. Pour le protestantisme par exemple, plus on est riche sur terre et plus on aura une place assurée au ciel.

Selon l’Évangile, le catholique pense différemment et c’est lui qui est dans le vrai : « Bienheureux les pauvres en esprit ; bienheureux ceux qui pleurent ; bienheureux ceux qui ont soif de la justice ». Mais ce monde apostat dans lequel nous sommes éradique les Béatitudes et c’est pourquoi on prend un tel soin de notre santé.

 

S’il n’y a pas de bien supérieur à la santé physique, on comprend alors pourquoi il faut se protéger et protéger les autres ; c’est une formule ridicule, mais tout le monde y croit à cela parce qu’on ne pense plus à son âme !

 

Il faut « revêtir Notre-Seigneur Jésus-Christ » en notre intérieur par les vertus chrétiennes. La grâce a transformé mon âme à mon baptême et par les sacrements, par la vie de prière. Les sacrifices transforment au fur et à mesure notre âme.  Notre-Seigneur éradique peu à peu le péché et les attaches au péché. Il faut vivre de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

 

Vivons dans l’allégresse spirituelle dans ce temps de l’Avent, mes biens chers frères, c’est tellement important.

 

Les grandes figures de l’Avent bien sûr sont Isaïe qui prépare Notre-Seigneur Jésus-Christ par les prophéties, et saint Jean-Baptiste.

Dans l’exemple de vie toute ordonnée à Notre-Seigneur Jésus-Christ, « il faut que je croisse et que moi je diminue », que je disparaisse pour laisser la place à Jésus-Christ.

 

Saint Jean-Baptiste a bien compris, avant l’heure, le mot de saint Paul « revêtez Notre-Seigneur Jésus-Christ » et puis bien évidement c’est Notre-Dame, la Vierge Marie que, dans quelques jours, nous allons honorer de son titre tout particulier : « l’Immaculée ».

 

Ayons soin, à partir de demain, de commencer la neuvaine préparatoire à l’Immaculée Conception ; les grandes fêtes se préparent par une vie toute ordonnée à Notre-Seigneur Jésus-Christ et pour arriver à Notre-Jésus-Christ, passons par Notre-Dame. Plus que quiconque Elle sait comment préparer nos âmes pour recevoir son divin Fils, pour le revêtir extérieurement et intérieurement.

 

Le chrétien n’est pas un schizophrène : une vie privée chrétienne, une vie extérieure païenne. Ça c’est de la folie aussi. Non, chrétien à l’intérieur, chrétien à l’extérieur, vivant toujours de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Soyons profondément persuadés que Jésus-Christ veut vivre dans notre âme et rayonner par notre état à l’extérieur de ce que nous sommes : chrétiens, baptisés, rachetés par le Précieux Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ, par ce signe de la Croix.

 

Je résumerai en un seul mot, ce que j’ai pu dire bien maladroitement, par ce que Constantin vit dans le ciel : « In hoc signo vinces ! »

 

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

 

Abbé Dominique Rousseau

 

NB : le style parlé a été conservé.