« Plût au ciel… »

En notre époque calamiteuse, le pape, les évêques dans leur quasi-totalité ne prêchent qu’un Dieu qui n’est pas Jésus-Christ. En octobre 2019, François a fait venir la pachamama dans les sanctuaires de Rome. Quelle honte, quelle abomination !

En ce 14 mai, François a invité les religions à s’unir à lui, à Rome. La base de cette réunion est le document du 4 février 2019 à Abu-Dhabi. Texte impie, hérétique, où il disait que « le pluralisme et les diversités de religion, de couleur, de sexe, de race et de langue sont une sage volonté divine, par laquelle Dieu a créé les êtres humains. » Déclaration impie où le premier commandement de Dieu est bafoué. Confusion et mélange : religions, couleur de peau, sexe, race et langue. Tout cela, ordonné par une sage volonté Dieu ? Oui pour la peau, la race etc. Non, non et non pour la Religion. « Un seul Dieu adoreras. » Ce seul Dieu est Jésus-Christ.

Le 4 mai dernier le pape Bergoglio écrivait : « (…) Le Comité Suprême propose jeudi prochain, le 14 mai, une journée de prière et de supplication pour l’humanité. Le Comité appelle tous les chefs religieux et les peuples du monde entier à répondre à cet appel humanitaire et à venir au Tout-Puissant d’une seule voix pour préserver l’humanité, l’aider à surmonter la pandémie et restaurer la sécurité, la stabilité, la santé et le développement, pour rendre notre monde, après la fin de cette pandémie, plus humain et fraternel que jamais. »

Nous publions aujourd’hui un texte de Dom de Monléon qui fait suite aux textes précédents. Le religieux bénédictin commente le texte inspiré : « Plût au ciel que tu fusses froid ou chaud ! »

Nous invitons tous les catholiques, non pas à s’unir au jeûne proposé par le pape pour enrayer cette fausse pandémie, mais à faire une réelle pénitence, et à prier le saint Rosaire en ce mois de Marie. Que notre prière se fasse toujours plus ardente. Ne soyons pas tièdes, mais ardents au Combat de la Foi pour l’honneur de Jésus-Christ piétiné par ceux qui devraient défendre son Règne.

« O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous ! »

Abbé Dominique Rousseau

14 mai 2020

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Ni froid ni chaud

Dom de Monléon

Le sens mystique de l’Apocalypse

(Les Éditions Nouvelles, Paris, 1948 - p 67-72)

Apoc. 3, 14-22.
« Et à l’Ange de l’Église de Laodicée, écris : Voici ce que dit l’Amen, le témoin fidèle et véridique, qui est le principe de la création de Dieu : Je hais tes œuvres, que tu n’es ni froid ni chaud : plût au ciel que tu fusses froid ou chaud ! Mais parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni chaud, je commencerai à te vomir de ma bouche. Parce que tu dis : Je suis riche, et je me suis enrichi, et je n’ai besoin de personne : et tu ne sais pas que c’est toi qui es le misérable, pitoyable, pauvre, aveugle et nu. Je te conseille d’acheter de moi de l’or éprouvé au feu ; afin que tu deviennes riche et que tu te revêtes de vêtements blancs, et que n’apparaisse point la confusion de ta nudité, et frotte tes yeux avec un collyre, afin que tu voies. Pour moi, ceux que j’aime, je les reprends et je les corrige. Excite donc ton zèle, et fais pénitence. Voici que je me tiens à la porte, et je frappe : si quelqu’un entend ma voix, et m’ouvre la porte, j’entrerai chez lui, et je souperai avec lui, et lui avec moi. A celui qui vaincra, je donnerai de s’asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j’ai vaincu, et je me suis assis avec mon Père sur son trône. Que celui qui a une oreille entende ce que l’Esprit dit aux Églises. »


Commentaire

Et à l’ange de l’Église de Laodicée, écris.
L’esprit que nous allons entendre dans cette lettre est l’esprit de sagesse. Il s’adresse à une âme pleine d’illusions sur elle-même, et enlisée de ce chef dans la tiédeur, ce mortel ennemi de l’avancement spirituel : aussi va-t-Il se montrer particulièrement sévère, rappelant son correspondant à l’humilité, et lui prêchant la nécessité de se connaître soi-même pour s’élever à la vraie sagesse. Néanmoins, il n’oublie pas pour autant les droits de la miséricorde, et il presse le coupable de sollicitations, où se trahit la tendresse de son Cœur et la constance de son Amour.

« Voici ce que dit l’Amen, le témoin fidèle et véritable, le principe de la création de Dieu. »

Le mot Amen mis ici substantivement exprime la Vérité absolue, infaillible, immuable, celle qui s’identifie avec l’Être, et à laquelle on doit adhérer les yeux fermés, sans discussion ni réserve. Cette Vérité s’est personnifiée en Jésus-Christ Notre-Seigneur, témoin fidèle, parce qu’il accomplit tout ce qu’il promet ; témoin véridique parce que ses affirmations ne peuvent être mises en doute, aussi bien quand il parle des réalités divines qu’il est venu annoncer au monde, que quand il accuse les péchés des hommes ou proclame leurs mérites. Il est le principe de la création de Dieu, en ce sens que toutes choses ont été créées par Lui, et que rien n'a été fait sans Lui (Jn 1, 3) ; en ce sens surtout, ici, que c’est par Lui que s’opère notre rénovation en Dieu : tous, nous avons commencé, avec saint Paul, par être fils de colère, vivant dans les désirs de la chair, faisant la volonté de la chair, ensevelis dans la mort du péché : mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause de la charité excessive avec laquelle il nous a aimés, nous a ressuscités et nous a établis dans les choses célestes avec son Fils Jésus. C’est là un pur don de sa grâce, et nous ne saurons jamais assez nous persuader que nous sommes, non pas le fruit de nos œuvres à nous, mais son ouvrage à Lui, créés à nouveau dans le Christ Jésus (Eph. 2, 1-11).

« Je connais tes œuvres. Je sais que tu n'es ni froid ni chaud » : tu n’es pas complètement froid, parce que ta foi n’est pas morte ; parce qu’à l’exemple du Pharisien de l’Évangile, qui jeûnait deux fois la semaine, et distribuait aux pauvres la dîme de ses biens, tu restes attaché à certaines pratiques extérieures. Mais tu n'es pas chaud non plus : tu n’as nul souci d’apprendre à aimer Dieu et ton prochain, tu n’as aucun zèle pour le salut des âmes, ni pour ton avancement dans la vertu. Plût au ciel que tu fusses froid, que tu n’eusses point cette observance extérieure, qui te donne le change, et te fait croire que tu es juste ! car alors, il serait facile de te faire comprendre ta misère et de t’amener à te convertir. - Ou que tu fusses chaud, que tu eusses vraiment la charité, qui te porterait à la pratique du bien et à la recherche de la perfection ! Mais parce que tu es tiède, parce que tu es inerte et languissant dans les voies du bien, je commencerai à te vomir de ma bouche. Le Seigneur procède comme toujours avec mesure et ménagements. Il ne frappe pas le coupable du premier coup : Il le menace simplement, s’il ne change pas de conduite, de commencer à lui retirer sa grâce, ce qui le rejettera progressivement hors de la communion des saints, et comme hors de Dieu. Le mot « vomissement » qui est mis ici pour figurer l’excommunication, est destiné par son outrance même à nous faire comprendre la douleur que Dieu éprouve à user de ce châtiment, et cependant c’est là le seul moyen auquel il puisse recourir pour éliminer de son corps mystique les éléments réfractaires à toute assimilation. Cette expression marque aussi le dégoût qu’inspirent à Dieu ceux qui prétendent tenir un juste milieu entre son service à Lui, et celui du monde.

Et quelle est la cause de cette tiédeur ? - C’est la bonne opinion que l’évêque de Laodicée a de lui- même ; il se dit dans le secret de son cœur : « Je suis riche, d’avantages temporels et spirituels ; et je me suis enrichi encore, par toutes les bonnes œuvres que j’ai faites ; je n’ai besoin ni des enseignements, ni des secours de personne. - Et tu ignores, lui répond Dieu ; - mais d’une ignorance coupable, d’une ignorance qui vient de l’aveuglement où te plonge ton orgueil ; - tu ignores que tu es un misérable, et un malheureux né dans le péché, et tout à fait incapable d’en sortir par tes propres forces ; tu es un pauvre, tu n’as de ton propre fond aucun mérite ; un aveugle, parce que tu ne te connais pas toi-même ; et tu es nu, ayant perdu la robe de ton innocence. »

Le texte grec accentue encore la force de ces expressions en ajoutant l’article devant elles : tu ne sais pas que c’est toi le malheureux, le pauvre, etc...

« Je t'engage donc à acheter de moi l'or d’une charité embrasée de ferveur, et sincère, purifiée de toute recherche personnelle, par l’épreuve et la tribulation. Je veux que tu l’achètes de moi, car tu ne le trouveras ni dans les livres, ni dans le commerce des créatures, ni dans l’action extérieure : tu le trouveras seulement en me le demandant dans la prière. Mais bien que ce soit là une libéralité toute gratuite de ma miséricorde, je veux que tu l'achètes par tes efforts, tes bonnes œuvres, tes pénitences. Alors tu deviendras vraiment riche de biens spirituels ; tu te revêtiras des vêtements blancs d’une vie pure, et la confusion de ta nudité, de tes difformités, s’effacera de ma présence.

« Et frotte tes yeux avec un collyre, pour recouvrer la vue. » Ce merveilleux collyre qui rend ainsi la vue aux aveugles, c’est la Passion du Christ qui ouvre les yeux de l’âme, c’est-à-dire l’intelligence et la volonté, - à la compréhension et à l’amour de ce qui est le véritable bien de l’homme. Elle projette sur toutes choses la lumière de la vérité, elle rend manifeste l’erreur et la folie de ceux qui courent après les satisfactions de la chair ou de l’amour-propre, elle montre le chemin que le Christ a pris pour retourner au ciel, et qu’il faut prendre derrière Lui. De même qu’un collyre, en piquant les yeux, les fait pleurer et par là les provoquer à expulser les impuretés qui les aveuglaient, de même elle pique l’âme - c’est là le sens originel du mot : componction - elle fait naître en elle la douleur des péchés commis, le sentiment de l’ingratitude dont elle a fait montre envers Dieu, et par là-même, l’en purifie. On retrouve le même symbolisme au livre de Tobie, lorsque l’Archange Raphaël ordonne à son jeune protégé de frotter les yeux de son père avec le fiel du poisson, pour lui rendre la vue : le poisson, on le sait, est la figure du Christ, et le fiel représente la partie amère de sa vie, c’est-à-dire sa Passion.

Après cet avertissement sévère, le divin Maître, unissant comme toujours la justice et la miséricorde, se laisse aller à la tendresse de son Cœur : Ce sont ceux que j’aime que je châtie, ajoute-t-il : c’est-à-dire : Ne te révolte pas, ne prends pas en mauvaise part mes remontrances. Je ne fais pas comme les serviteurs du monde qui n’ont pour leurs amis que des flatteries, et qui réservent toutes leurs rigueurs pour ceux qui leur déplaisent : moi, au contraire, ce sont ceux que j’aime, que je reprends et que je frappe. Je veux par là les maintenir dans le bon chemin, et leur apprendre à se connaître eux-mêmes. Reçois donc mes paroles avec douceur et soumission Sors de ta torpeur, réponds à mon amour par de l’amour, imite mes saints, et fais pénitence.

Si cet effort te paraît au-dessus de tes forces, ne te décourage pas ; je suis là pour t’aider. Voici que je me tiens à la porte de ton cœur, sollicitant ton libre arbitre, - c’est là en effet la seule porte par laquelle le Christ pénètre en notre âme - et je frappe : je cherche à provoquer en toi des sentiments de componction, tantôt par des inspirations intérieures ; tantôt en me servant des circonstances extérieures, pour que tu m’ouvres. Je voudrais entrer et m’asseoir à ta table ; à cette table intérieure où ton esprit se repaît solitairement de vaine gloire ; Je voudrais y prendre place avec toi, et nous partagerions ensemble ce que chacun aurait apporté : tu me donnerais tes œuvres, et moi je donnerais ma gloire. Si quelqu’un donc entend ma voix, et ouvre la porte de son cœur par sa foi, par l’acquiescement de sa volonté, j’entrerai en lui, avec ma grâce et mes consolations ; je pénétrerai jusqu’au fond de lui-même, je le transformerai, et je souperai avec lui et lui avec Moi : je lui ferai goûter les douceurs de mon amour, en attendant qu’il vienne à son tour souper chez Moi, dans mon Paradis. »

Remarquons que l’auteur dit « souper » et non pas « dîner » parce qu’après le souper, la journée est finie : il n’y a plus à retourner au travail, et l’entretien intime peut se prolonger aussi longtemps que les amis le désirent.
Celui qui remportera la victoire sur les ennemis de son salut, sur le démon, sur la chair, et sur le monde, je lui donnerai de s’asseoir avec Moi sur mon trône, comme Je l’ai promis à mes douze apôtres. Mais ces places ne se conquièrent que de haute lutte ; et Moi-même, ce n’est qu’après avoir combattu et vaincu, après m’être fait obéissant jusqu’à la mort et la mort de la croix, que J’ai pris place avec mon Père sur mon trône.

Que celui qui a l’oreille de son cœur attentive entende ce que l'Esprit dit aux Églises.