« Quand l’insolence de l’homme a obstinément rejeté Dieu, Dieu lui dit enfin :

« Que ta volonté soit faite, et le dernier fléau est lâché !

Ce n’est pas la famine, ce n’est pas la peste, ce n’est pas la mort ; c’est l’homme.

Lorsque l’homme est livré à l’homme, alors on peut dire qu’on connaît la colère de Dieu. »

(Louis Veuillot)

 

Pénitence

 

« N’attendons pas que vienne de Rome un appel à la pénitence de la part du Saint-Père pour le monde entier... »

 

(Entretien de Sœur Lucie avec le Père Fuentes, le 26 décembre 1957)

 

Cette épreuve du coronavirus ne profitera pas à grand-monde. Pourquoi ?

 

Nos contemporains sont en effet enlisés dans les biens terrestres qui paralysent leurs âmes. Non seulement les païens sont frappés de ce mal aveuglant, mais aussi les ‘catholiques modernistes’. Depuis plus de cinquante ans la prédication des mauvais pasteurs a abaissé les âmes au niveau des biens matériels, des biens sociaux, de la paix dans le monde sans la Croix de Jésus-Christ. Comment ce peuple autrefois chrétien peut-il se frapper la poitrine, puisqu’il n’a plus la notion même de péché personnel, mais bien plutôt collectif ?

 

Pour illustrer mes propos, voici rapportée la parabole du mauvais riche, rapportée dans les Évangiles par saint Luc (Lc 16, 19 et suiv.) :

 

 « Il y avait un homme riche, qui était vêtu de pourpre et de lin, et qui faisait chaque jour une chère splendide.

Il y avait aussi un mendiant, nommé Lazare, qui était couché à sa porte, couvert d’ulcères, désirant se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche, et personne ne lui en donnait; mais les chiens venaient aussi, et léchaient ses plaies.

Or il arriva que le mendiant mourut, et fut emporté par les Anges dans le sein d’Abraham.  Le riche mourut aussi, et il fut enseveli dans l’enfer.

Et levant les yeux, lorsqu’il était dans les tourments, il vit de loin Abraham, et Lazare dans son sein ; et s’écriant, il dit : Père Abraham, ayez pitié de moi, et envoyez Lazare, afin qu’il trempe l’extrémité de son doigt dans l’eau, pour rafraîchir ma langue, car je suis tourmenté dans cette flamme.

Mais Abraham lui dit : Mon fils, souviens-toi que tu as reçu les biens pendant ta vie, et que Lazare a reçu de même les maux ; or maintenant il est consolé, et toi, tu es tourmenté.

De plus, entre nous et vous un grand abîme a été établi ; de sorte que ceux qui voudraient passer d’ici vers vous, ou de là venir ici, ne le peuvent pas.

Le riche dit : Je vous supplie donc, père, de l’envoyer dans la maison de mon père ; car j’ai cinq frères, afin qu’il leur atteste ces choses, de peur qu’ils ne viennent, eux aussi, dans ce lieu de tourments.

Et Abraham lui dit : Ils ont Moïse et les prophètes ; qu’ils les écoutent.

Et il reprit : Non, père Abraham ; mais si quelqu’un des morts va vers eux, ils feront pénitence.

Abraham lui dit : S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, quand même quelqu’un des morts ressusciterait, ils ne croiront pas. »

 

L’enseignement du divin Maître est terrible : « S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, quand même quelqu’un des morts ressusciterait, ils ne croiront pas. »

 

Moïse et Elie sont venus à la rencontre de Notre-Seigneur sur le Mont Thabor. Ainsi la Loi et les Prophètes, réunis dans ces deux colonnes de l’Ancien Testament, rendent témoignage au Verbe fait chair (Et Verbum caro factum est – Mystère de l’Annonciation)

 

Nous attendons de Rome, Lumière du monde de par la volonté de son Chef invisible mais bien réel, Notre-Seigneur Jésus-Christ, l’éclairage pour que les hommes reviennent à Dieu. Las. Rien. Pour les fêtes de ce temps de carême, est proposé d’allumer des bougies sur les fenêtres des maisons. En geste de solidarité humaine. Pour réchauffer le cœur des hommes. Grotesque et ridicule !

 

Nous attendons autre chose de Rome : un appel à la conversion. Nous attendons de voir se lever des Pasteurs, tel Jonas, converti de sa pusillanimité, se rendant à Ninive pour prêcher la pénitence ! Notre-Seigneur d’ailleurs ne voulut donner d’autre signe de sa divinité aux pharisiens endurcis que le signe de Jonas, avalé par la baleine et rejeté trois jours plus tard sur le rivage.

 

Dans ses Apparitions, l’Immaculée manifeste bien que même les hommes d’Église seront sourds à l’appel du Christ-Roi. C’est une grande calamité, une punition divine.

 

« Quand l’insolence de l’homme a obstinément rejeté Dieu, Dieu lui dit enfin :

« Que ta volonté soit faite, et le dernier fléau est lâché !

Ce n’est pas la famine, ce n’est pas la peste, ce n’est pas la mort ; c’est l’homme.

Lorsque l’homme est livré à l’homme, alors on peut dire qu’on connaît la colère de Dieu. »

(Louis Veuillot)

 

Hier, en la fête de l’Annonciation, telle l’étoile du matin signalant le lever du jour après une nuit noire, une lueur est cependant parvenue : l’évêque de Luçon a consacré son diocèse au Cœur Immaculé de Marie. J’en parlerai prochainement.

 

Individuellement et en famille, prions et faisons pénitence.

« Si vous ne faites pénitence, vous périrez tous » nous a avertis le Christ Roi. Avons-nous foi en Lui ? Sont-ce des paroles pleines ou vides de sens ?

 

Que les fléaux qui s’abattent sur le monde nous éclairent (intelligence) et nous fassent prendre de bonnes résolutions (volonté), en ce carême qui avance à grands pas vers le Golgotha. Il nous faut être ressemblants à Notre-Seigneur crucifié.

 

Joignons donc à l’œuvre de la prière celle de la pénitence, car nous savons que ces deux armes sont puissantes sur le Sacré-Cœur de Jésus.

 

Etoile du matin, priez pour nous !

 

Abbé Dominique Rousseau

26 mars 2020