Pax vobis

 

 

Ils s’étaient enfermés dans le Cénacle, par crainte des juifs, craignant de subir le même sort que le Maître tant aimé. Les apôtres avaient peur.

 

Enfermés, confinés dans le Cénacle où ils avaient reçu tant de grâces, dont celle qui les avaient faits prêtres pour l’éternité, Pierre et les Onze étaient murés en eux-mêmes. Ce n’était peut-être pas des juifs qu’ils avaient le plus peur, mais en fait ils avaient honte. Honte d’eux-mêmes, honte de leur fuite devant la Croix. Celui qui les avait choisis, ils L’avaient abandonné…

 

Notre-Seigneur n’abandonne pas ceux qu’il a choisis. Il passe outre les lois des corps : il passe à travers les portes, les murs. A l’encontre des lois de la nature, Il vient les chercher, un à un, après sa Résurrection. Januis clausis - les portes fermées -, comme pour sa Naissance à Bethléem, il passe à travers les portes du Cénacle sans les briser.

 

Aux apôtres effrayés, la parole du Maître les apaise : « Pax vobis » leur dit-il.

 

« Et nous, nous avons connu l'amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru.  Dieu est charité, et celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu, et Dieu en lui » enseigne saint Jean (1 Jn 4, 16).

 

La charité a pour effet propre et immédiat la joie et la paix, ce sont aussi des fruits du Saint-Esprit :

« Car le royaume de Dieu ne consiste pas dans le manger et dans le boire, mais dans la justice, la paix et la joie que donne l'Esprit-Saint. » (Rom 14,17)

« Les fruits de l'Esprit sont la charité, la joie, la paix, la patience, la bénignité, la bonté, la longanimité, la douceur, la foi, la modestie, la continence, la chasteté. » (Gal 5,22-23)

 

Dieu-Charité visite ses Amis, il les console, les conforte, leur reproche aussi (c’est une marque de la vraie charité de secouer !) leur incrédulité.

 

Mon Dieu, donnez la vraie paix à vos fidèles. La peur de l’avenir en ces jours de calamités, jours avant-coureurs de jours plus difficiles encore, peut les envahir. Visitez par votre douce et forte présence l’âme des baptisés, des confirmés, afin que le démon soit repoussé et ne leur nuise point.

 

Mon Dieu, faites que les prêtres, en ces temps où la peur peut aussi les gagner, ne craignent pas d’aller voir leurs fidèles - ce sont des malades qui ont besoin de l’assistance à personne en danger – pour leur apporter le secours des sacrements. Quelle joie, je peux en témoigner, pour les fidèles, et pour le prêtre lui-même, d’aller à domicile, y célébrer la sainte Messe ou apporter la sainte Communion. Chers confrères qui peut-être me lirez, facilitez le plus possible l’accès des sacrements à vos fidèles ! Ne soyez pas des serruriers…

 

« La paix soit avec vous !  C'est Moi, ne craignez point. » (Lc 24, 36)

 

Abbé Dominique Rousseau

Jeudi de Pâques 2020