OUVERTURE DU MOIS DE SAINT JOSEPH

                           

 

Motifs de sanctifier ce mois

La piété des fidèles ayant consacré un mois chaque année à vénérer le mystère de Jésus-­Enfant, et un autre à célébrer les grandeurs de sa divine Mère, il était convenable qu'on rendît le même hommage à l'homme juste qui a mé­rité d'être l'époux de la Reine des Anges et le père nourricier de Jésus. C'est ainsi qu'après le mois de la Sainte-Enfance et le mois de Marie, nous avons le mois de saint Joseph.

Vous devez donc, âme chrétienne, honorer, durant ce mois, saint Joseph d'un culte particu­lier. Vous le devez à Jésus, votre modèle, qui a honoré Joseph comme son père, pendant près de trente ans. Vous le devez à Marie, votre divine Mère, qui a honoré Joseph comme son époux et son gardien. Vous le devez à Joseph lui-même, qui, après Jésus et Marie, se présente à vous comme le Juste le plus accompli, le saint le plus privilégié. Enfin, vous le devez à vous-­même, âme chrétienne. Vous avez besoin, n'est-il pas vrai ? d'un guide dans la voie du salut, d'un consolateur dans vos peines, d'un protecteur à l'heure de la mort. Eh bien! saint Joseph sera pour vous ce guide éclairé, ce consolateur charitable, ce protecteur puissant. "Il peut nous secourir, disent saint Bernard et sainte Thérèse, dans toutes nos nécessités spiri­tuelles et temporelles ; il nous accorde même au-delà de nos demandes." Dans une circons­tance récente et solennelle, le Chef visible de l'Eglise, le bien-aimé Pie IX, n'a-t-il pas recom­mandé à tous les catholiques de l'univers de s'adresser avec confiance à ce saint patriarche, et ne l'a-t-il pas proclamé solennellement le PATRON DE L'EGLISE UNIVERSELLE !

Embrassons donc avec joie une dévotion si agréable à Jésus et à Marie, (...) si salutaire pour nous. Le voici, ce mois bien-aimé ; il va commencer, et il sera pour nous, comme celui de Marie, un mois de bénédictions, de grâces et de faveurs sans nombre.

Ô saint Joseph, ô mon père ! oui, je vous l'offre, ce mois ; faites que je sanctifie tous ses jours et que j'en retire les fruits les plus abondants.

 

 

Moyens de le bien sanctifier

Comment devons-nous passer ce beau mois ? Les vertus de notre saint patron seront l'objet de nos méditations de chaque jour. "Si vous aimez saint Joseph, dit saint Ambroise, imitez ses ver­tus." Elles sont dans son cœur comme les fleurs d'un riche parterre, qui ont besoin, pour être bien connues et appréciées, qu'on les considère séparément. Frappés de l'éclat de ses vertus, nous louerons le Seigneur qui les a fait éclore, et nous nous sentirons animés du désir de les imiter. - Ayons dans notre appartement une pe­tite statue ou une image de saint Joseph, devant laquelle nous réciterons avec amour, matin et soir, la prière du chrétien. Un enfant est si heu­reux près de son père! - Assistons tous les jours à la sainte messe, s'il est possible au moins chaque mercredi, jour spécialement consacré à saint Joseph. - Disposons-nous à faire au moins une communion dans ce mois en l'honneur de notre saint patriarche; offrons-la pour obtenir, par son intercession, la grâce d'une sainte mort et le soulagement des âmes du purgatoire. Telles sont nos résolutions ; déposons-les aux pieds de saint Joseph et prions-le instamment de les agréer, de les bénir et de nous aider à les mettre en pratique.

Ô Marie ! ô notre Mère ! aidez-nous aussi à ai­mer et à honorer votre époux virginal comme vous l'avez aimé et honoré vous-même.

         

 

 Dans une paroisse du diocèse de Grenoble, une pauvre femme, restée veuve avec ses trois enfants, s'appliquait à élever chrétiennement sa famille. Elle eut la douleur de voir son fils aîné revenir de Paris, où il était allé se perfectionner dans son métier, avec une santé ruinée et une âme pervertie par les mauvaises compagnies. Nouvelle Monique, elle ne cessait avec sa pieuse fille, de prier et de pleurer pour le salut de ce prodigue. Comme elles avaient l'habitude de faire le Mois de saint joseph, elles le com­mencèrent, cette année, avec plus de ferveur que jamais, pour obtenir la conversion qu'elles désiraient si ardemment. Le jeune impie, étant rentré le jour de l'ouverture, demande ce que si­gnifie l'oratoire improvisé. - « Mon cher enfant, répond la mère, nous commençons le Mois de saint joseph, et nous le faisons pour obtenir ta conversion. » L'insensé se met à rire, se moquant de l'objet et du but de cette dévotion. Le lende­main et les jours suivants, il revient à la même heure, riant toujours du spectacle pieux qu'il a sous les yeux. Mais quelques jours après, il ne rit plus et paraît sombre, préoccupé. Il écoute la lecture, se découvre et fait un signe de croix. Le lendemain, on aperçoit des larmes dans ses yeux et on l'entend s'écrier : « Saint Joseph, ayez pitié de moi ! » Puis, s'adressant à sa mère et à sa sœur, il leur dit en sanglotant : "Ah! que je suis malheureux d'avoir abandonné la religion; et que vous êtes heureuses vous autres qui la pra­tiquez si bien! Je n'y tiens plus, je veux changer de vie et redevenir chrétien; j'espère que saint Joseph, que vous avez tant invoqué pour moi, m'en obtiendra la grâce et le courage ! » Cédant à la voix de Dieu, il courut se confesser et reçut bientôt le Pain eucharistique avec une grande piété. Après quelques années d'une vie exem­plaire, il tomba dangereusement malade, et, muni des sacrements, il alla chanter à jamais dans le Ciel les miséricordes du Seigneur et la puissance de saint Joseph sur ses serviteurs.

Prions aussi ce grand saint avec confiance, durant ce mois, et il fera verser sur nous les plus abondantes bénédictions.

 

Prière               

 

Daignez, ô grand saint, disposer mon âme à entrer avec ferveur dans ces saints exercices. Vous qui avez si souvent conduit Jésus-Christ dans son enfance, conduisez-moi, protégez-moi durant ces saints jours que d'avance je vous offre et consacre. Je redoublerai pour vous de zèle et de dévouement ; je méditerai chaque jour vos grandeurs ; j'imiterai vos vertus ; j'im­plorerai votre assistance. Daignez m'accorder, durant ce mois fortuné, pendant ma vie, et sur­tout à l'heure de ma mort, le secours de votre puissante protection.

 

 Ainsi soit-il.

 

Amour de Joseph pour Marie

 

Destinée à devenir la Mère de Jésus, Marie devait avoir un époux qui couvrit d'un voile sans tache l'adorable mystère d'un Dieu fait homme. Cet époux si privilégié fut saint Joseph: Virum Mariæ. Comment décrire maintenant le tendre et respectueux amour du saint patriarche pour son épouse immaculée? Il la sert, il l'aide, il la soutient au milieu de toutes ses épreuves. Il est toujours à ses côtés, il ne la perd jamais de vue. "Ce qu'il admire et aime le plus en elle, dit Bossuet, ce n'est pas sa beauté mortelle, mais cette beauté cachée et intérieure dont la sainte virginité faisait son principal ornement". - "L'amour de Joseph pour Marie, ajoute un pieux auteur, était tellement élevé et purifié en Dieu, qu'il est impossible à toute appréciation humaine, même aidée de la foi, d'y pouvoir atteindre ".

Ame chrétienne, imitez un si parfait modèle. A l'exemple de votre glorieux patron, saint Joseph, aimez Marie de tout votre cœur. Elle a été son épouse, elle est votre Mère: Ecce Mater tua. Souvenez-vous que la vraie dévotion à l'auguste Reine du Ciel est un gage de prédesti­nation, et que, sans son assistance, il est mora­lement impossible de réussir dans l'importante affaire du salut. Tous les biens ne nous sont venus et ne nous viendront que par Marie: Omnia per Mariam. Celui qui l'a trouvée a trouvé la vie et le salut.

Obtenez-moi, ô bienheureux Joseph, cette dévotion tendre et solide envers votre sainte épouse, qui fait les saints et les prédestinés, et dont vous avez été le premier et le plus parfait modèle.

 

Amour de Marie pour Joseph

Marie est la mère du parfait amour: Mater pulchræ dilectionis. Elle aimait Dieu plus que tous les saints ensemble, et son amour pour le prochain était proportionné à son amour pour Dieu.

Quelle affection ne devait-elle donc pas avoir pour son saint époux, que Dieu lui-même lui avait choisi pour être le témoin inviolable de sa virginité, pour protéger son honneur et celui de son Fils ? Elle l'aimait comme le représentant de Dieu le Père et du Saint-Esprit, dont il tenait la place auprès d'elle ; comme le saint qui portait en lui le plus de traits de ressemblance avec elle et son divin Jésus. Non, jamais épouse n'aima si tendrement ni si saintement son époux, et ne l'entoura de plus de respect. "Marie et Joseph, dit saint Bernardin de Sienne, ne faisaient qu'un cœur et qu'une âme; ils étaient deux dans un même trésor, un même amour, un même tout". Oh! qui pourra jamais concevoir une affection si intime, si angélique ! Quelle gloire, quelle récompense ineffable pour Joseph !

Aimons aussi, âme chrétienne, vénérons entre tous les saints l'époux de Marie, et ne le sépa­rons pas des hommages que nous rendons à son épouse immaculée. Si nous honorons spé­cialement la sainte Vierge le samedi, consacrons le mercredi à saint Joseph. Si nous sommes fidèles à célébrer le mois de Marie, faisons aussi avec piété le Mois de saint joseph. Ces deux dévotions se lient, se fortifient l'une l'autre et nous aident à aimer Jésus. Ô Marie ! nous vous supplions de nous donner un tendre amour pour Joseph, votre virginal époux et notre tendre père !

 

Exemple

   Les auteurs anciens rapportent le trait suivant :

Depuis le jour de sa Présentation, Marie vivait à l'ombre des autels, dans le silence, le travail et la prière. Elle avait atteint sa quinzième année, et le temps était venu de la marier dans sa tribu, selon la loi. Un grand nombre de jeunes gens de la famille de David prétendirent à l'honneur d'épouser la Fille de Juda, si douce, si pure et comblée de tant de grâces. Joseph avait les mêmes droits, mais il se tenait à l'écart par mo­destie. Pour connaître la volonté du Ciel, le grand prêtre rassembla les jeunes gens de la tribu de David, remit à chacun un rameau bé­nit, en leur ordonnant d'y inscrire leur nom; puis il déposa ces rameaux sur l'autel devant le Saint des Saints, et supplia le Seigneur de mani­fester lui-même son choix. Quand on les reprit, celui de Joseph seul était couvert de feuillage et d'une fleur blanche semblable au lis, exhalant un doux parfum. C'est pour cela que presque toutes les images et statues de notre bienheu­reux le représentent avec ce rameau fleuri, symbole de ses vertus, et souvenir du prodige qui fixa sur lui le choix du Ciel. A la vue de cette merveille, le Pontife et tous les assistants s'écriè­rent : "Voilà l'élu du Seigneur !" Alors Joseph et Marie reçurent la bénédiction du grand prêtre, et tous deux, unis par les liens sacrés du ma­riage, sortirent du temple au milieu des concerts de louange de la multitude ravie. - Comme deux lys éclatants de blancheur s'élèvent, et, mêlant leurs parfums, embaument les airs, ainsi vécurent depuis nos deux époux, retirés dans l'humble maison de Nazareth.

 

Prière

Ô Joseph ! le titre seul d'époux de Marie vous élève au-dessus de toutes nos pensées, et ne nous laisse que le sentiment de l'admiration ! A jamais, je bénirai le jour où une sainte alliance vous unit à la Reine des vierges. Puisque vous êtes l'époux de Marie, elle ne peut rien vous refuser ; conjurez-la de me prendre sous sa pro­tection, et de m'agréer pour son enfant de pré­dilection.

Ainsi soit-il.

 

Dévotion de sainte Thérèse d’Avila à Saint Joseph

Sainte Thérèse d’Avila – « Vie écrite par elle-même » - Éditions du Seuil

« Je pris pour avocat et patron le glorieux Saint Joseph et je me recommandai instamment à lui. J’ai vu bien clairement que c’est lui, mon père et mon protecteur qui m’a guérie de cette infirmité, comme il m’a tirée également de dangers très grands où il s’agissait de mon honneur et du salut de mon âme. Son assistance m’a procuré plus de bien que je ne savais lui en demander. Je ne me souviens pas de lui avoir jamais rien demandé, jusqu’à ce jour, qu’il ne me l’ait accordé. C’est une chose merveilleuse que les grâces insignes dont Dieu m’a favorisée, et les dangers tant du corps que de l’âme dont il m’a délivrée par la médiation de ce bienheureux Saint.


Le Très-Haut donne seulement grâce aux autres Saints pour nous secourir dans tel ou tel besoin. Mais le glorieux Saint Joseph, je le sais par expérience, étend son pouvoir à tous nos besoins. Notre Seigneur veut nous faire comprendre que, s’il a été soumis sur la terre à celui qu’il appelait son père, parce que c’était son gouverneur qui pouvait lui commander, il défère également au Ciel, à toutes ses suppliques. Et c’est ce qu’ont vu comme moi par expérience, d’autres personnes auxquelles j’avais conseillé de se recommander à cet incomparable protecteur. A l’heure actuelle, elles sont nombreuses les âmes qui l’honorent et constatent de nouveau la vérité de ce que j’avance.
Il m’a toujours exaucée au-delà de mes prières et de mes espérances... Je faisais célébrer sa fête avec toute la solennité dont j’étais capable... Je voudrais porter tout le monde à la dévotion envers ce glorieux Saint tant j’ai d’expérience de son crédit auprès de Dieu. Je n’ai jamais vu personne lui être vraiment dévoué et l’honorer d’un culte spécial sans avancer dans la vertu, car il favorise singulièrement les progrès spirituels des âmes qui se recommandent à lui. Depuis plusieurs années, ce me semble, je lui demande une grâce le jour de sa fête, et je l’ai toujours obtenue. Lorsque ma supplique est quelque peu de travers, il la redresse pour le plus grand bien de mon âme... Je demande, pour l’amour de Dieu, à celui qui ne me croirait pas d’en faire l’épreuve. Il verrait, par sa propre expérience, combien il est avantageux de se recommander à ce glorieux patriarche et d’avoir pour lui une dévotion spéciale. »

« Les âmes d’oraison, en particulier, lui doivent un culte tout filial. Je ne sais d’ailleurs comment on pourrait penser à la Reine des Anges et à toutes les souffrances qu’elle a endurées en compagnie de l’Enfant Jésus, sans remercier Saint Joseph de les avoir si bien aidés alors, l’un et l’autre. Que celui qui n’a pas de maître pour lui enseigner l’oraison prenne ce glorieux Saint pour guide, et il ne risquera pas de s’égarer.... Il m’a bien montré ce qu’il est, puisque, grâce à lui, j’ai pu enfin me lever, marcher et être délivrée de ma paralysie. »

« Un jour, après la communion, le Sauveur me commanda de travailler de toutes mes forces à l’établissement de ce monastère. Il donnait la plus complète assurance que cet établissement se ferait et que lui-même y serait fidèlement servi. Il voulait qu’il fut dédié à Saint Joseph : ce Saint nous protégerait à l’une des portes, Notre-Dame, à l’autre, et lui-même, le Christ, se tiendrait au milieu de nous. »

« Un jour, me trouvant dans la nécessité, ne sachant que devenir, ni comment payer quelques ouvriers, Saint Joseph, mon véritable Père et soutien, m’apparut. Il me fit comprendre que l’argent ne me manquerait pas et que je devais passer le marché avec les ouvriers. Je lui obéis sans avoir le moindre denier, et le Seigneur pourvut à tout d’une manière qui parut digne d’admiration. »

« Ainsi se trouva érigé notre monastère de notre très glorieux Père Saint Joseph, en l’année 1562. Profonde était ma consolation d’avoir accompli ce que le Seigneur m’avait tant recommandé, et d’avoir élevé dans cette localité une église de plus, érigée sous le vocable de mon glorieux Père Saint Joseph qui n’y en avait point encore. »


 

 

Je vous salue Joseph

Je vous salue Joseph, image de Dieu le Père ;
Je vous salue Joseph, père de Dieu le Fils ;
Je vous salue Joseph, Sanctuaire du Saint Esprit ;
Je vous salue Joseph, bien-aimé de la très Sainte Trinité ;
Je vous salue Joseph, très digne Époux de la Vierge Mère ;
Je vous salue Joseph, Père de tous les fidèles ;
Je vous salue Joseph, fidèle observateur du silence sacré ;
Je vous salue Joseph, amant de la sainte pauvreté ;
Je vous salue Joseph, modèle de douceur et de patience ;
Je vous salue Joseph, miroir d’humilité et d’obéissance ;
Vous êtes béni entre tous les hommes ;


Et bénis soient vos yeux qui ont vu ce que vous avez vu ; 
Et bénies soient vos oreilles, qui ont ouï ce que vous avez entendu ;
Et bénies soient vos mains qui ont touché le Verbe fait chair ;
Et bénis soient vos bras qui ont porté Celui qui porte toutes choses ;

Et bénie soit votre poitrine, sur laquelle le Fils de Dieu a pris son doux repos ;
Et béni soit votre coeur embrasé pour Lui du plus ardent amour ;
Et béni soit le Père éternel qui vous a choisi ;
Et béni soit le Fils qui vous a aimé ;
Et béni soit le Saint Esprit qui vous a sanctifié ;
Et bénie soit Marie, votre épouse, qui vous a aimé comme un époux et comme un frère ;

Et béni soit l'ange qui vous a servi de gardien ;
Et bénis soient à jamais tous ceux qui vous aiment et qui vous bénissent.

Ainsi soit-il.

 

Souvenez-vous...

Prière du pape Pie IX, écrite en 1863
Saint Jean Eudes (1601-1680)

Souvenez-vous, ô très chaste époux de la Vierge Marie, ô mon aimable protecteur, Saint Joseph, qu'on a jamais entendu dire que quelqu'un ait invoqué votre protection et imploré votre secours soit resté sans consolation.

 

Plein de confiance  en votre pouvoir, je viens en votre présence et me recommande à vous avec ferveur.

Ah ! ne dédaignez pas mes prières, ô vous, qui êtes appelé le Père du Rédempteur, mais écoutez-les favorablement et daignez les exaucer.

 

Ainsi soit-il.

 

Ite ad Joseph