Jésus, Modèle de douceur et de force

 

 

 

Jésus-Christ étant notre divin Modèle, contemplons sa Personne tout aimable, Lui qui est le plus beau parmi les Enfants des hommes. Sagesse incarnée, Il a tant à nous apprendre !

 

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort commente très justement le verset de la Sainte Ecriture :

« La Sagesse atteint avec force depuis une extrémité jusqu'à l'autre, et elle dispose tout avec douceur. »

 

« Rien n'est si doux que la Sagesse. Elle est douce en elle-même, sans amertume ; douce à ceux qui l'aiment, sans leur laisser aucun dégoût ; douce dans sa conduite, sans faire aucune violence. Vous direz souvent qu'elle n'est point dans les accidents et renversements qui arrivent, tant elle est secrète et douce ; mais, comme elle a une force invincible, elle fait tout insensiblement et fortement venir à sa fin par des voies inconnues aux hommes. Il faut que le sage soit, à son exemple : "suaviter fortis et fortiter suavis : doucement fort et fortement doux." » (L'Amour de la Sagesse éternelle, n° 53)

 

Douceur et force vont de pair en Notre-Seigneur. Il est Dieu ! Rappelons-nous l'enseignement de saint Thomas d’Aquin : « la force de Dieu, c’est son immutabilité. »

On voit cette immutabilité chez le Christ dans sa vie publique. Quelle sérénité, quelle stabilité, en un mot quelle force en Lui. Interrogé, traqué, piégé par les pharisiens, Il répond toujours avec noblesse, calme et force, à tel point qu’il désarme tous ses adversaires.

 

Quelques exemples suffiront pour asseoir cette vérité.

 

Jésus ne prêcha qu’une seule fois dans la synagogue de Nazareth. Cette prédication fut extraordinaire (Lc 4, 16-30). Le Christ ouvrit le livre du prophète Isaïe, lut ces mots : « L'Esprit du Seigneur est sur moi ; c'est pourquoi il m'a sacré par son onction ; il m'a envoyé évangéliser les pauvres, guérir ceux qui ont le cœur broyé, annoncer aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue, mettre en liberté ceux qui sont brisés sous les fers, publier l'année favorable du Seigneur et le jour de la rétribution. Ayant replié le livre, il le rendit au ministre, et s'assit.  Et tous, dans le synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. » (Lc 4, 18-20) Puis Notre-Seigneur déclare que les prophètes qui l’ont précédé furent tous mal reçus par leurs contemporains et les habitants de Nazareth font de même à son égard. Furieux contre Notre-Seigneur, les assistants à cette prédication « le chassèrent hors de la ville, et ils le menèrent jusqu'au sommet de la montagne sur laquelle leur ville était bâtie, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d'eux, s'en alla. » (Lc 4, 29-30) Face à la violence de ses adversaires, admirons la douceur et la force d’âme en Jésus, Maître de tout, de tous !

 

L’épisode de la guérison du paralytique est admirable (Lc 5, 17-26). Jésus remet à cet homme ses péchés ; les pharisiens pensent en eux-mêmes : « cet homme blasphème ». Jésus, pour montrer son pouvoir sur les âmes et sur les corps, rend la santé à cet homme. « La puissancevirtus Domini s’employait à guérir les malades. »

 

Face aux pharisiens qui testent Jésus « dans le dessein de le sonder pour avoir à l’accuser » (Jn 7, 6) pour voir comment il va trancher le cas de la femme adultère, on voit le calme et la maîtrise, les deux relevant de sa force : « Que celui d’entre vous qui est sans péché lui jette le premier une pierre. » (Jn 7, 7)

 

Lors de son Procès qui le conduira à la mort, tout nous montre la puissance de Celui qui donne sa vie pour les pécheurs que nous sommes. Au valet qui le soufflette, il répond avec douceur et maîtrise parfaite de lui-même, dominant par sa prestance et sa parole tout son auditoire : « Si j’ai mal parlé, montre ce que j’ai dit de mal ; mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? » (Jn 18, 23)

 

Ces quelques exemples (il y en a tant d'autres) glanés au fil des évangiles nous encouragent à mieux connaître, afin de l’imiter, notre Sauveur. Nous avons tant besoin de ses lumières pour nous guider dans notre pèlerinage terrestre !

 

Par le don de crainte, nous sommes dans les mains de Dieu, de façon à être dans sa main de bons instruments.

Il va pouvoir maintenant faire quelque chose de nous, nous faire monter par les voies de la vie intérieure jusqu’à la vie éternelle.

Quand on a un bon outil en mains, on attaque la besogne, et la qualité de cette attaque, c’est la force, la vigueur.

Le Saint-Esprit peut ainsi faire en nous une tâche merveilleuse : il nous défend contre les obstacles du démon et nous prépare le chemin qui nous conduit à la Vie éternelle.

 

Appliquons ces mots en concluant par le concret présent et actuel. Les obstacles sont nombreux contre les catholiques. Ne nous laissons pas museler comme des chiens. A l’heure des masques rendus parfois obligatoires dans les églises, j’encourage les fidèles - les prêtres aussi, est-il besoin de le leur dire ? il semble que oui hélas… - à résister avec courage, force et détermination en ne mettant pas ces muselières. Il est temps de prêcher avec force et courage la Vérité.

 

Enfants de Dieu par le baptême et confirmés dans le Saint-Esprit, soyons fiers de ce que nous sommes !

 

Abbé Dominique Rousseau

5 juin 2020