Les Deux Etendards, ou

Le combat de Satan contre le Christ-Roi

 

 

Le Pape Léon XIII eut la vision de Notre-Seigneur Jésus-Christ et de Satan livrant un terrible Combat. Après cette vision il écrivit l’Exorcisme (18 mai 1890) que l’on connaît : « Ubi Sedes beatissimi Petri et Cathedra veritatis ad lucem gentium constituta est, ibi thronum posuerunt abominationis impietatis suæ ; ut percusso Pastore, et gregem disperdere valeant. » Ce qui signifie : « Là où été établi le Siège de Pierre et la Chaire de Vérité pour la lumière des nations, là ils ont posé le trône de l’abomination et de l’impiété ; de sorte qu’en frappant le Pasteur, ils puissent aussi disperser le troupeau. »

 

Curieusement, l’exorcisme que les fidèles prient dans le Livre bleu (Editions de 1977, 2003, 2008) donne un résumé très succinct de la prière à saint Michel Archange. Cet exorcisme est présenté comme étant celui du Pape Léon XIII. Cet exorcisme est tronqué, quelles que soient les années d’édition de ce Livre des Exercices spirituels.

 

Le Pape a vu la malice de l’ange révolté à l’œuvre et il a employé les grands moyens pour conjurer son empire de haine contre Dieu et son Eglise. Les paroles du Pontife sont nettes et fortes : « Là où été établi le Siège de Pierre et la Chaire de Vérité pour la lumière des nations, là ils ont posé le trône de l’abomination et de l’impiété ; de sorte qu’en frappant le Pasteur, ils puissent aussi disperser le troupeau. »

 

Mais, même les Clercs cherchent à minimiser la portée des attaques du diable et de ses suppôts. On ne croit plus au démon, à sa rage acharnée. Les détracteurs de La Salette ont joué un rôle important pour hausser les épaules, ridiculiser le Message de Notre-Dame. Nous avons pu lire hier comment nombre d'entre eux sont morts. Prenons garde... De Dieu on ne se moque pas, ni de sa Très Sainte Mère !

 

La Fraternité Saint-Pie X, dans la voix autorisée de l’abbé Gleize, professeur d’Ecône qui forme depuis plus de vingt ans de nombreuses générations de prêtres, vient donc de minimiser la portée de cette Apparition : « Rome perdra la foi et deviendra le siège de l’Antéchrist » : « Cette supposée prophétie, incluse dans le Secret de Mélanie, la voyante de La Salette, est souvent invoquée pour confirmer l’état présent de crise dans l’Eglise. (…) Quant au point précis qui nous occupe, « Rome perdra la foi et deviendra le siège de l’Antéchrist », il n’est pas bien difficile de comprendre la réaction du Saint-Siège, car le Siège de Rome est saint et sacré: il représente une institution divine, indéfectible comme telle. Prise en toute rigueur de termes, l’expression de La Salette ne peut manquer de paraître au moins téméraire et injurieuse, sinon frayant la voie à l’hérésie, en ce qu’elle suggèrerait la négation du dogme de l’indéfectibilité de l’Eglise. Même si les événements que nous vivons sont ce qu’ils sont, il n’en reste pas moins vrai que les avertissements  du Ciel doivent rester indemnes d’équivoque et de malsonnance, pour pouvoir se présenter avec toutes les garanties d’authenticité. » (Courrier de Rome n° 634 p. 9, août/septembre 2020).

 

Autrement dit : « Très Sainte Vierge Marie, revoyez votre copie ! » A cela nous répondons avec Monseigneur Lefebvre : « Nous ne pouvons que constater, les faits sont les faits. Rome a perdu la foi ! » Craindre de tomber dans le sedevacantisme en refusant de croire au Message de La Salette fait tomber dans une autre erreur, tout aussi néfaste et périlleuse : le libéralisme.

 

Que le Professeur d’ecclésiologie d’Ecône relise donc la profonde étude de Mgr Tissier de Mallerais en 2013, parue dans la Revue du Sel de la terre (« Y a-t-il une Eglise conciliaire ? » - n° 85 : http://www.dominicainsavrille.fr/?ddownload=9338 ) : « (…) De ces données approximatives nous pouvons déduire les définitions approximatives des deux Églises : l’Église catholique est la société des baptisés qui veulent sauver leur  âme en professant la foi catholique, en pratiquant le même culte catholique et en suivant les mêmes pasteurs, successeurs des Apôtres. L’Église conciliaire, elle, est la société des baptisés qui suivent les directives des papes et des évêques actuels, en épousant plus ou moins consciemment l’intention de réaliser l’unité du genre humain, et qui en pratique acceptent les décisions du Concile, pratiquent la liturgie nouvelle et se soumettent au nouveau Droit canon.

S’il en est ainsi, nous avons deux Églises qui ont les mêmes chefs et la plupart des mêmes membres, mais qui ont des formes et des fins diamétralement disparates : d’une part le salut éternel secondé par le règne social du Christ, Roi des nations, d’autre part l’unité du genre humain par l’œcuménisme libéral, c’est-à-dire élargi à toutes les religions, héritier des décisions conciliaires Unitatis redintegratio, Nostra ætate et Dignitatis humanæ, et qui est l’esprit d’Assise et l’antithèse du règne social de Jésus-Christ. C’est un peu vite dit, mais ce qui va suivre éclairera la justesse de cette opposition. (…) »

 

Cette étude Mgr Tissier de Mallerais permet, en toute rigueur, de ne sombrer ni dans le sedevacantisme ni dans son contraire. Souvent, l'expérience le montre, ces deux erreurs se rejoignent. Le Barroux avec le Père Basile et sa défense acharnée de la liberté religieuse est un exemple, parmi bien d'autres. Ecône aura-t-il son Père Basile à présent ?

Que notre confrère relise, puisqu’il écrit régulièrement pour le Courrier de Rome, l’excellent numéro 375 de décembre 1996 de la même Revue : « 150 ans après, redécouvrons La Salette » ; voici déjà 24 ans, Hirpinus répondait à l’abbé Gleize. Sans aucune atténuation, Hirpinus publiait en entier le Secret de La Salette : « Rome perdra la foi et deviendra le siège de l'Antéchrist. » Cette réalité est sous yeux. Le combat actuel est celui des Deux Etendards !

 

Abbé Dominique Rousseau

17 octobre 2020