La Salette et l’Ami du Clergé

 

 

« Nos Lectures sur Notre-Dame de Lourdes ont obtenu un succès qui nous a réjouis, non pour les éloges unanimes qu’elles nous ont valus, mais pour le bien qu’elles ont pu produire. Rien ne serait nous être plus agréable que la pensée qu’elles ont fait aimer davantage notre Bonne et douce Mère du ciel. L’on nous nous écrit qu’on les trouve pieuses, attachantes, et l’on nous engage à les continuer en traitant d’autres sujets semblables.

Ce désir nous a singulièrement encouragés.

Marie n’a pas apparu seulement à Lourdes, mais en vingt endroits privilégiés qui ont gardé le souvenir de sa présence et qui vivent de cet heureux souvenir, à La Salette, au Laus, à Pontmain, pour ne citer que les principaux. L’histoire de chacune de ses apparitions nous pénètre de reconnaissance pour tant de grâces reçues, et pour la bonté touchante, pour les attentions maternelles de la Sainte Vierge.

(…) La Salette, c’est le pays calme et austère où le recueillement vous cherche, où l’on peut réfléchir, prier, méditer à loisir dans une retraite absolue. Là, rien ne parvient à vous distraire. Les souvenirs de l’Apparition y demeurent vivants, vous les repassez dans votre cœur, vous visitez les lieux où Marie a pleuré, où elle a parlé, où elle s’est élevée au ciel, vous coudoyez des pèlerins qui comme vous prient en silence.

(…) La Sainte Vierge s’y est montrée à deux enfants ignorants et sans culture, mais purs et profondément honnêtes. Elle leur a tenu un long discours qu’elle a terminé par ces mots : « Vous le ferez passer à tout mon peuple. » En écrivant ces pages nous croyons obéir à cette parole. »

 

C’est ainsi que débute une longue série de numéros de l’Ami du Clergé (13 avril 1911, n° 15, p. 292). L’étude que fait l’auteur des lignes dans cette Revue est fort instructive. C’est sous le Pontificat de saint Pie X que cette relation fut écrite et nous en citerons plusieurs extraits car, par bonheur, nous avons sous les yeux cette bonne revue.

 

On y lit le portrait des deux voyants privilégiés, Mélanie et Maximin. Ils ont respectivement 15 et 11 ans lors des Apparitions. On peut les caractériser par ce qualificatif : ignorants des choses du monde, mais savants en ce qui concerne celles de Dieu. Cette remarque n’est pas sans rappeler le mot du vicaire de Lourdes qui enseignait à Bernadette Soubirous le catéchisme : « Tu ne sais rien, mais tu comprends tout ! » Cela correspond tellement à l’Evangile, à l’Enfance spirituelle…

 

Le trait suivant rapporté dans le numéro 16 de la revue citée (p. 319-320) est fort intéressant : c’est l’entrevue de l’abbé Dupanloup, alors Chanoine de Notre-Dame de Paris, Supérieur du Séminaire de Saint-Nicolas et futur Evêque d’Orléans avec Maximin. « Il entreprit dans les premiers jours de juin 1846 le voyage de La Salette, afin de voir par lui-même, et au retour il écrivit, sous forme de lettre, la relation de son témoignage. Tous les témoignages qu’il avait lus jusque-là, par leur ton déclamatoire, leur enthousiasme, lui inspiraient plutôt des préjugés contradictoires. Ses paroles n’en sont donc que plus impartiales. » (Ami du Clergé n° 16, p. 318)

 

Nous verrons bientôt la fameuse entrevue avec Maximin. D’ici-là en ce mois du Rosaire, prenons à cœur de nous entretenir avec notre Bonne Mère du Ciel.

 

Abbé Dominique Rousseau

13 octobre 2020