La Salette

Parenthèse sur de curieuses coïncidences

 

 

Observons que les adversaires de Mélanie semblent tous motivés par des considérations purement humaines et subjectives, sinon mercantiles.

 

Le cardinal Debonald, à Lyon, s'adressant à l'évêque de Grenoble, place l'apparition en 1847, au lieu de 1846. Et il parle de Marcelin, et de sa sœur. Cela montre comment il s'était bien documenté… Son premier souci semble plutôt que Notre-Dame de la Salette ne fasse pas de tort à son sanctuaire de Fourvière, pour lequel il avait de grands projets promotionnels.

Mgr Ginoulhiac, en déclarant que la mission des voyants était terminée, espérait la faveur du pouvoir politique, et un archevêché avec un chapeau de cardinal.

Mgr Fava ne semble pas avoir souffert d'un excès d'humilité en prétendant imposer sa règle de préférence à celle donnée par la Très Sainte Vierge à Mélanie.

Le cardinal Perraud, pour une affaire de gros sous, où il n'est pas à son avantage, a traduit Mélanie devant la justice civile, pour un différend qui relevait du tribunal ecclésiastique, devant lequel il savait ne pas pouvoir obtenir gain de cause.

Par contre, nombreux sont les partisans – nous dirions aujourd'hui les supporters de Mélanie et de son secret – qui ont laissé une réputation de vertu, et même de sainteté.

Outre Mélanie elle-même, plusieurs ont vu leur cause de béatification introduite à Rome : Mgr Zola, le cardinal Sforza, le père Semenenko, le père Fusco. Après le pape Pie X, canonisé, nous avons eu récemment la béatification du père Giacomo Cusmana, et du chanoine Annibale di Francia. Et il ne semble pas que cet honneur posthume risque d'arriver à certains personnages qui ont discrédité avec scandale la bergère et son secret.

Mgr Ginoulhiac, évêque de Grenoble, fut le premier à persécuter les enfants au sujet de leurs secrets. Il proclama, pour plaire à l'empereur, que leur mission était terminée. Et traita Mélanie de folle. Il est mort fou. Jouant à la poupée, et avec le contenu de son pot de chambre…

Mgr Fava, évêque de Grenoble, répondit solennellement à l'ordre de Léon XIII que lui transmettait le cardinal Ferrieri : en inaugurant les bureaux de La Croix de L'Isère, il y installa Notre-Dame de Lourdes, méconnaissant de nouveau, vu les circonstances, la faveur que la Très Sainte Vierge avait faite à son diocèse. La soirée fut joyeuse dans les bureaux et il se retira tard. Le lendemain il fut trouvé mort sur son plancher, dévêtu, les bras tordus, les poings crispés, les yeux, le visage, exprimant l'effroi d'une horrible vision.

Mgr Guilbert, évêque d’Amiens. Devenu archevêque de Bordeaux, il est nommé cardinal. Et il fait déjà des promesses pour quand il aura le chapeau. Le 9 août 1889 il se trouve un peu indisposé… Le 15, on le laisse seul un instant. Quand on revient, on voit, à des traces, qu'il s'est accroché au tapis et aux meubles avec désespoir. Il était mort. Au cours des funérailles, pompeuses, la lourde bière roula du haut du catafalque et tomba sur le sol avec un bruit de tonnerre, répercuté sous les hautes voûtes de la cathédrale. La foule se retira, épouvantée, et n'assista pas à l'inhumation qui se fit de nuit.

Le cardinal Meignan, archevêque de Tours, ennemi déclaré de la Salette, mourut subitement pendant la nuit, alors que la veille il était plein de santé.

Mgr Darbois, archevêque de Paris, ne croyait pas à la Salette. Et pendant deux heures, en 1866, il avait fait l'impossible pour amener Maximin à déclarer la fausseté de l'apparition. Mgr Darbois partit d'un éclat de rire. Et Maximin quitta l'archevêché. Cinq ans plus tard, le 18 mars 1871, Mgr Darbois était incarcéré à la prison de la Roquette. Le 24 mai, il tombait sous les balles… après avoir fait réparation d'honneur à Notre-Dame de la Salette.

Le père Henri Berthier, missionnaire de la Salette, complice de Mgr Fava, qualifiait la règle de la Sainte Vierge que le pape voulait leur imposer de règle impraticable, qui exige que les missionnaires soient sans ambition sur la moindre des choses passagères. Envoyé en Norvège pour une fondation, il trouva pratique de mettre dans une ceinture autour de lui les rouleaux d'or qu'il portait. Il tomba à l'eau, et coula à pic sous le poids de l'or.

Mgr Henry, évêque de Grenoble, prêchait aux pèlerins, le 14 juillet 1907, et osaient les féliciter d'y être venus en ce jour de fête nationale et mariale. Il les mettait en garde contre le prétendu secret de Mélanie. Sous prétexte de faire approuver par Rome un office en l'honneur de Notre-Dame de la Salette, mais surtout avec mission d'obtenir l'étouffement du secret, il y envoya le chanoine Grespellier. Le 14 juillet 1908, premier anniversaire de cette fête nationale et mariale, le chanoine fut arrêté par la mort, au moment où il montait prendre son chapeau pour se rendre à la Sacrée Congrégation. Et le 14 juillet 1911, quatrième anniversaire de cette fête nationale et mariale, Mgr Henry, sur son lit de parade, attendait son enterrement.

Mgr Sevin, archevêque de Lyon, fut un adversaire enragé du secret, que ses efforts furent impuissants à faire mettre à l'index. Il fut frappé de mort subite, et la décomposition s'accentua, malgré l'embaumement, à un point terrifiant pendant toute la durée de l'exposition sous le catafalque. L'intérieur du corps, rapporte le docteur Leclerc qui assista à l'autopsie, était déjà rongé des vers.

Le cardinal Amette, archevêque de Paris. La princesse de La Tour du Pin demanda un jour chez elle au cardinal pourquoi, le pape admettant le secret de la Salette, son éminence l'interdisait dans son diocèse. Il répondit à la princesse :  Sans même le prévenir, le cardinal Amette, un jour, supprime le Pèlerin de Marie, une petite revue dévouée à la défense de la Salette. Il fut aussi frappé de mort subite. Son visage fut de suite ravagé par la putréfaction, au point que toute exposition fut impossible. Personne, dit La Croix de Paris, ne fut admis à pénétrer dans la chambre mortuaire. Le prince de l'Église était devenu noir comme du charbon. On ne put lui faire la toilette des morts. Sa propre sœur fut priée de se retirer, sans l'avoir vu.

Mgr Dechelette, évêque d'Évreux, autre ennemi de la Salette. Même fin que le cardinal Amette.

A cette époque, plusieurs évêques et cardinaux français se signalèrent par cette noirceur et putréfaction immédiate lors de leur décès. On parla alors des Noirs de l'épiscopat.

Mgr Bouange, évêque des Landres, ennemi de la Salette. Mort subite.

Mgr d'Oultremont, évêque du Mans, qui avait à deux reprises, dans la Semaine religieuse de son diocèse, protesté contre le secret de la Salette : Mort subite et obsèques au jour anniversaire de l'apparition.

Mgr Lobbedey, évêque de Moulin en 1906, évêque d'Arras en 1911. Il avait dit à l'abbé Combe que jamais il ne donnerait l'imprimatur à une Vie de la Bergère de la Salette : Mort subite le 24 décembre 1916. La veille encore, il avait fait une ordination.

Le cardinal Perraud – dont nous avons vu la cupidité avec l'affaire de l'abbé Ronjon – le cardinal Perraud vit le gouvernement s'emparer de tous les biens de sa mense. Et il mourut quelques jours après. Il ne lui resta pas même le tombeau qu'il s'était fait faire à Paray-le-Monial. Par arrêté du maire, le convoi, à son arrivée, fut conduit au cimetière. Il est à peu près le seul évêque en France qui ne soit pas enterré dans une église.

Le bulletin du diocèse de Reims, 7 octobre 1911 et 25 mai 1912. Le chanoine Fraiset y proclame carrément que le secret, confié par Mélanie à Pie IX, n'est jamais sorti du Vatican. Que le tissu de grossièretés et de sottises publié sous le titre de Secrets de la Salette ou Secret de Mélanie est à l'Index, et constitue un outrage au bon sens, dont l'Église est la gardienne non moins que de la foi révélée. Un laïc, Monsieur de la Vauzelle écrivit lettre sur lettre au cardinal Luçon, exigeant, comme catholique, une réponse à ses questions. Le résultat fut une lettre, le 16 décembre 1912, du révérend père Lepidi, maître du Sacré Palais, déclarant officiellement au cardinal Luçon que le secret de La Salette n'avait jamais été condamné par l'Index, ni par le Saint-Office. La réponse fut transmise à Monsieur de la Vauzelle, mais nulle rétractation dans le Bulletin de Reims, ni dans les nombreuses Semaines religieuses qui l'avaient reproduit. Le 19 septembre, à trois heures de l'après-midi, commença le bombardement systématique de la cathédrale de Reims…

Il s'agissait là de quelques coïncidences, parmi d'autres.

C'est ici l'occasion de se rappeler que si l'Église, institution divine, est parfaite et sainte, ce n'est pas toujours le cas des hommes d'Église. De même qu'il y a lieu de faire une distinction entre la science et les savants, la médecine et les médecins, etc.

Dans une époque plus récente, la mort de certains princes de l'Église peut donner aussi matière à réflexion.

 

Henri Bourgeois

Extraits des conférences de 1992 sur le Secret de La Salette

 

 

Prions que les Clercs se réclamant de la sainte Tradition prennent au sérieux l’appel de la Vierge de La Salette !