Il priait avec plus de ferveur

Lc 22, 43

 

Prolixius orabat. C’est en ces termes que l’évangéliste note la profondeur de la prière de Notre-Seigneur. Le moment est précis et pour bien saisir le temps où cela se passa, mettons ces paroles dans leur contexte.

 

« Et étant sorti, il alla, selon sa coutume, à la montagne des Oliviers, et ses disciples le suivirent. Lorsqu'il fut arrivé dans ce lieu, il leur dit : Priez, afin que vous ne succombiez pas à la tentation. Puis il s'éloigna d'eux à la distance d'un jet de pierre ; et s'étant mis à genoux, il priait, en disant : Père, si vous le voulez, éloignez ce calice de moi ; cependant, que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la vôtre. Alors un ange lui apparut du ciel, pour le fortifier. Et étant tombé en agonie, il priait avec plus de ferveur. Et sa sueur devint comme des gouttes de sang qui coulait jusqu'à terre. S'étant levé après sa prière, il vint à ses disciples, et il les trouva endormis de tristesse. Et il leur dit : Pourquoi dormez-vous ? Levez-vous et priez, afin que vous ne succombiez pas à la tentation. » (Lc 22, 39-46)

 

Les temps que nous vivons ne sont pas ordinaires. Depuis plus de cinquante ans nous assistons à un chaos qui se généralise. Le bien est appelé mal, le mal est appelé bien. Le mal est applaudi, le bien est sanctionné. Récemment le président Macron a proclamé ‘le droit au blasphème’. Il amasse sur sa tête des charbons ardents… le jugement divin sera terrible ! « On ne se moque pas de Dieu ! » Que les roitelets d’ici-bas ne se prennent pas pour des dieux. Leur sort suivra ce qui arriva à Hérode Agrippa (Actes 12, 21-23) : « Au jour fixé, Hérode, en habit d’apparat, siégeait sur une tribune d’où il haranguait la foule. Le peuple s’écriait : ‘C’est la voix d’un Dieu plutôt que celle d’un homme !’ Au même moment, un ange de Dieu vint le frapper, parce qu’il n’avait pas rapporté cette gloire à Dieu. Rongé de vers, il expira. »

 

Il est temps, grand temps de prier. Davantage ? oui si on a le temps ; je pense aux personnes retraitées ou célibataires. Il suffit qu’elles organisent mieux le temps peut-être, qu’elles ne se dispersent pas dans les futilités, qu’elles aient un programme de journée, des horaires. Pour les enfants et les personnes mariées, les familles par conséquent : que tous prient avec ferveur, pas nécessairement avec de longues prières, avec force litanies et chemins de croix. Non, pas cela nécessairement. Mais que l’on s’unisse de son mieux au Bon Dieu par une réelle attention : à qui je m’adresse ? Ma tenue extérieure m’invite-t-elle au recueillement intérieur ? « Une famille qui prie est une famille qui vit » disait avec raison le dernier grand Pape, Pie XII (+ 1958).

 

Plus les temps sont et seront durs, plus il va falloir prier avec ferveur, avec instance. C’est dans le creuset de la Passion qui commençait que Notre-Seigneur a montré l’exemple d’une prière profonde, pour nous montrer l’exemple dans les moments ardus où tout semble perdu. « Courage, j’ai vaincu le monde. » (Jn 16, 33)

 

 

« Mais priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils se laisse toucher » (Notre-Dame à Pontmain, 17 janvier 1871)

 

Abbé Dominique Rousseau

19 septembre 2020