François insulte l’Immaculée

Quelques dates, quelques mots… à la façon d’un ouragan détruisant tout ce qu’il trouve sur son passage, le pape François balaie d’un revers de main la doctrine, la piété, la foi ancestrale. Monseigneur Lefebvre n’avait-il pas averti les futurs évêques, dans sa lettre du 29 août 1987, que Rome était aux mains d’antichrists ? Plus le temps passe, plus les mots de l’Archevêque prennent tout leur sens… prophétique !

 

13 octobre 2013 : « Marie indique Jésus, elle nous invite à témoigner de Jésus, elle nous conduit toujours à son Fils Jésus, parce qu’en lui seul se trouve le salut, lui seul peut transformer l’eau de la solitude, de la difficulté, du péché, en vin de la rencontre, de la joie, du pardon. Lui seul. »

 

12 décembre 2019 : « Y a-t-il dans le cœur de la Vierge Marie autre chose que le Nom de Notre Seigneur Jésus-Christ ? Nous aussi, nous ne voulons avoir qu’un seul nom dans notre cœur : celui de Jésus, comme la Très Sainte Vierge. »

 

Le 13 octobre 2013 puis le 12 décembre 2019, par des phrases apparemment catholiques, le pape François assénait un coup magistral à Notre-Dame. « Quand on vient nous dire qu’il fallait la déclarer telle, ou faire cet autre dogme, ne nous perdons pas en inepties » (‘tonterias’), poursuit-il dans ce sermon du 12 décembre dernier.

 

S’il est vrai de dire que Notre Seigneur Jésus-Christ est le seul Sauveur, seul Médiateur entre Dieu et les hommes, il est faux et injurieux, blasphématoire même à l’égard de Notre-Dame d’affirmer qu’on doive écarter l’idée d’un nouveau dogme, à savoir la « Corédemption ».

 

François hélas n’invente rien, et il le proclame bien. Il est fils du concile Vatican II. Il applique ce que ses maîtres ont enseigné. Il est de la lignée des Congar, Ratzinger, Küng, Suenens.

 

L’abbé Victor-Alain Berto, théologien de Mgr Lefebvre au concile Vatican II, gémissait de voir de ses yeux, d’entendre de ses oreilles les nouveautés conciliaires. Tant elles sont belles, profondes, nous citons les lettres écrites à l’automne 1963 :

 

« Mes chères enfants, par quarante voix de majorité, le Concile a décidé qu’il n’y aurait pas de Constitution distincte sur la Sainte Vierge, et qu’il ne serait parlé d’Elle qu’à l’intérieur de la Constitution ‘de Ecclesia’, ou même en ‘épilogue’ à cette Constitution – alors que la Sainte Vierge est le Prologue, l’Exemplaire et l’Abrégé prototypique de l’Église et de tout l’ordre du salut !

Notre chagrin est extrême, au-delà de toute parole.

La majorité est si faible que le résultat du scrutin n’a pas été proclamé dans la Congrégation Générale. Mais il sera dans tous les journaux dès ce soir.

Que va faire cette moitié de l’Épiscopat qui voulait une Constitution distincte sur la Sainte Vierge ? Il est d’abord d’une immense difficulté de la réunir, dispersés comme ils sont aux quatre coins de Rome – et bon nombre se donneront congé pour les fêtes de la Toussaint. Un certain nombre se laisseront prendre par la crainte d’aggraver le dissentiment entre les Pères, et subiront ce qui a été fait. Je bénis Dieu d’être au service d’un des plus fermes parmi les plus fermes, et des plus courageux parmi les plus courageux. Nous partons maintenant, Mgr Lefebvre et moi, pour une réunion où se retrouveront, je l’espère, soixante ou quatre-vingts Pères. Si quelque chose en sort, vous serez averties.

Je vous bénis toutes. Ceci est aussi pour la Communauté de Saint Pie X.

Votre père » - 29 octobre 1963

 

Cette lettre fut suivie, les jours suivants (Vigile de Toussaint 1963) de cette autre, dont voici les extraits les plus marquants :

« Avant-hier et hier ont été des journées affreuses. Je ne crois pas avoir jamais tant souffert spirituellement. Ceux qui disent qu’il n’y a pas de douleurs de l’âme, il faut qu’ils n’aient jamais vécu par l’âme. C’est le triomphe, au moins pour un temps, du faux sur le vrai, de l’enflure sur la simplicité, de la science arrogante et superbe sur la naïveté des petits enfants et des pauvres. On leur fera bien voir qu’ils sont de mauvais chrétiens, qui prient beaucoup trop la Sainte Vierge, et qui ne devraient même pas la prier du tout, attendu qu’ils sont des ignorants et que c’est si compliqué de dire un Ave Maria bibliquement, exégétiquement, figurativement, typologiquement, ecclésiologiquement. Comment ces chétifs s’en tireraient-ils ? Comment éviteraient-ils de tomber dans l’abîme sans fond de la dévotion abusive, blâmable, mal entendue, périmée, qui ne laisse voir dans la Sainte Vierge que la Mère de Jésus et la nôtre ?

O Seigneur Jésus, jusques à quand ? Souvenez-vous de vos pauvres, souvenez-vous des petits enfants ! Ne laissez pas assassiner dans leur cœur leur piété envers votre Mère et la leur. (…)

Nous en sommes à ce point, mes chères enfants. C’eût été, pour les pauvres et les petits, la seule partie des Actes conciliaires qui leur eût été immédiatement accessible, qui leur eût parlé au cœur, qu’une solennelle proclamation des grandeurs de la Sainte Vierge, de sa puissance d’intercession, de la légitimité et du fruit du culte que nous avons pour elle. Cette proclamation n’aura pas lieu. Nos petits enfants, ni aucun petit enfant au monde, ne sont pris en considération par le Concile, sinon dans la mesure où il faut corriger les excès de leur confiance et de leur piété. Ce qu’on juge à propos de dire de la Sainte Vierge - le moins possible – sera si savamment et si abstraitement brassé, résorbé et noyé dans la Constitution sur l’Église, qu’il n’y aura rien à en tirer pour nourrir les pauvres et les petits. Je vous l’ai déjà écrit (car ce qui était préparé, c’était une Constitution distincte sur la Sainte Vierge) peut paraître peu de chose ut res ; des théologiens peuvent toujours rattacher n’importe quoi à n’importe quoi, c’est l’enfance de l’art ; il est désastreux ut signum. L’étendard de la Vierge n’est pas levé ; il est maintenant plié, pour ne pas dire enfoui, et c’est de le voir levé que les pauvres ont besoin.  (…) »

Notre-Dame est Reine et de ce fait Elle a un droit maternel de dispenser les mérites du Christ. Le pape Pie XII résume la doctrine de ses prédécesseurs en ces termes : 

« Le paradis vit qu’elle était réellement digne de recevoir honneur, gloire et empire, parce qu’elle était plus pleine de grâces, plus sainte, plus belle, plus sublime, incomparablement plus que les plus grands saints et les anges, isolément ou réunis ; parce qu’elle était mystérieusement apparentée, dans l’ordre de l’union hypostatique, à toute la Très Sainte Trinité, à Celui qui, seul, est par essence la Majesté infinie, Roi des rois, Seigneur des seigneurs... Elle lui est associée pour toujours, avec un pouvoir pour ainsi dire infini, dans la distribution des grâces qui découlent de la Rédemption. » (Pie XII, 13/05/1946)

 

Saint Louis-Marie de Montfort dit précisément le lien étroit entre Marie et son Fils dans les miracles accomplis par le divin Maître :

« Si nous examinons de près le reste de la vie de Jésus-Christ, nous verrons qu’il a voulu commencer ses miracles par Marie. Il a sanctifié saint Jean dans le sein de sa mère sainte Élisabeth, par la parole de Marie ; aussitôt qu’elle eût parlé, Jean fut sanctifié ; et c’est son premier et plus grand miracle de grâce. Il changea, aux noces de Cana, l’eau en vin, à son humble prière ; et c’est son premier miracle de nature. Il a commencé et continué ses miracles par Marie ; et il les continuera jusqu’à la fin des siècles par Marie. » (Traité de la vraie dévotion à Marie, §19)

 

 

Méditons ces extraits de la 'Prière embrasée' du même saint :

« Liberos : de vrais enfants de Marie, votre sainte Mère, qui soient engendrés et conçus par sa charité, portés dans son sein, attachés à ses mamelles, nourris de son lait, élevés par ses soins, soutenus de son bras et enrichis de ses grâces.

Liberos : de vrais serviteurs de la Sainte Vierge qui, comme autant de saint Dominique, aillent partout, le flambeau luisant et brûlant du saint Évangile dans la bouche et le saint Rosaire à la main, aboyer comme des chiens, brûler comme des feux et éclairer les ténèbres du monde comme des soleils, et qui, par le moyen d’une vraie dévotion à Marie, c’est-à-dire intérieure sans hypocrisie, extérieure sans critique, prudente sans ignorance, tendre sans indifférence, constante sans légèreté et sainte sans présomption, écrasent partout où ils iront la tête de l’ancien serpent, afin que la malédiction que vous lui avez donnée soit entièrement accomplie : « inimicitias ponam inter te et mulierem, inter semen tuum et semen ipsius et ipsa conteret caput tuum ».

Il est vrai, grand Dieu, que le démon mettra, comme vous avez prédit, de grandes embûches au talon de cette femme mystérieuse, c’est-à-dire à cette petite compagnie de ses enfants qui viendront sur la fin du monde, et qu’il y aura de grandes inimitiés entre cette bienheureuse postérité de Marie et la race maudite de Satan. Mais c’est une inimitié toute divine et la seule dont vous soyez l’auteur : inimicitias ponam. Mais ces combats et ces persécutions, que les enfants de la race de Bélial livreront à la race de votre sainte Mère, ne serviront qu’à faire davantage éclater la puissance de votre grâce, le courage de leur vertu et l’autorité de votre Mère ; puisque vous lui avez dès le commencement du monde donné la commission d’écraser cet orgueilleux par l’humilité de son cœur et de son talon : Ipsa conteret caput tuum. »

 

D’un revers de main, le pape François, lors de ses sermons - d’apparence spontanée - à Sainte-Marthe, a balayé la doctrine de la Sainte Église sur Notre-Dame, médiatrice, corédemptrice.

 

Les récentes paroles sévères et si justes de Mgr Viganò méritent ici d’être à nouveau citées :

« La parabole tragique de ce Pontificat se poursuit avec une succession de coups de théâtre qui s’accélèrent. Il ne se passe pas de jour sans que, depuis le trône suprême, le Souverain Pontife procède au démantèlement du Siège de Pierre, usant et abusant de l’autorité suprême, non pour confesser mais pour nier ; non pour confirmer mais pour égarer ; non pour unir mais pour diviser ; non pour construire mais pour détruire.

 

Hérésies matérielles, hérésies formelles, idolâtrie, superficialité de toutes sortes : le Souverain Pontife Bergoglio ne cesse d’humilier obstinément la plus haute autorité de l’Église, en « démythifiant » la papauté – comme l’aurait dit peut-être son illustre compagnon Karl Rahner. Son action vise à violer le Dépôt Sacré et à défigurer la Face catholique de l’Épouse du Christ, en paroles et en action, par la dissimulation et le mensonge, par ses gestes saisissants, d’une ostensible spontanéité, mais méticuleusement conçus et planifiés, par lesquels il s’exalte lui-même dans une continuelle auto-célébration narcissique, tandis que la figure du Pontife Romain est humiliée, et celle du Doux Christ en terre obscurcie.

 

Son action se sert de l’improvisation magistrale, de ce magistère à bâtons rompus, liquide, insidieux comme des sables mouvants, non seulement à haute altitude, à la merci des journalistes du monde entier, dans ces espaces éthérés qui peuvent mettre en évidence un délire pathologique de toute-puissance illusoire, mais aussi lors des cérémonies les plus solennelles qui devraient inciter au tremblement sacré et au révérencieux respect.

 

A l’occasion de la Mémoire de la Vierge de Guadalupe, le pape Bergoglio a une fois de plus donné libre cours à son évidente intolérance mariale, qui rappelle celle du Serpent dans l’histoire de la chute, dans ce Proto-Évangile qui prophétise l’hostilité radicale placée par Dieu entre la Femme et le Serpent, et l’hostilité déclarée de ce dernier qui, jusqu’à la fin des temps, va essayer de mordre le talon de la Femme et la vaincre, elle et sa descendance. Celle du Souverain Pontife constitue une agression manifeste contre les prérogatives et les attributs sublimes qui font de l’Immaculée, Mère de Dieu toujours Vierge, le complément féminin au mystère du Verbe incarné, intimement associé à Lui dans l’Économie de la Rédemption.

 

(…) Le pape Bergoglio utilise la pachamama pour briser la Vierge de Guadelupe. L’intronisation de cette idole amazonienne jusque sur l’autel de la Confession de Saint-Pierre n’était rien de moins qu’une déclaration de guerre à la Dame et la Patronne de toutes les Amériques qui, par son apparition à Juan Diego, a détruit les idoles démoniaques et conquis les Indiens pour le Christ et pour l’adoration du « Dieu Très Vrai et Unique », grâce à sa médiation maternelle. Et ce n’est pas une légende !

 

(…) L’avènement de l’Antichrist est inévitable, il fait partie de l’épilogue de l’Histoire du Salut. Mais nous savons que c’est la prémisse du triomphe universel du Christ et de sa glorieuse Épouse. Ceux d’entre nous qui n’avons pas été trompés par ces ennemis de l’Église, enfermés dans le Corps ecclésial, devons nous unir et faire front commun contre le Malin, vaincu depuis longtemps, mais encore capable de nuire et de provoquer la perdition éternelle des multitudes, mais dont la Sainte Vierge, notre « Condottiera », écrasera définitivement la tête. Maintenant, c’est notre tour. Sans équivoque, sans nous laisser chasser de cette Église dont nous sommes les enfants légitimes et dans laquelle nous avons le droit sacro-saint de nous sentir chez nous, sans que la horde haineuse des ennemis du Christ nous fasse sentir marginalisés, schismatiques et excommuniés.

 

Maintenant, c’est notre tour ! Le triomphe du Coeur Immaculé de Marie – Corédemptrice et Médiatrice de toutes les grâces – passe par ses « petits », certes fragiles, et pécheurs, mais du signe absolument contraire  à celui des enrôlés dans l’armée de l’Ennemi. « Petits » consacrés, sans aucune limite, à l’Immaculée, pour être son talon, la partie la plus humiliée et méprisée, la plus détestée par l’enfer, mais qui, avec Elle, écrasera la tête du Monstre infernal.

 

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort s’est demandé : « Mais quand ce triomphe aura-t-il lieu ? Dieu seul le sait. » Notre tâche est de veiller et de prier comme le recommande ardemment sainte Catherine de Sienne : « Hélas ! Je meurs et cependant je ne puis mourir. Ne restez pas endormis dans la négligence, faites au moment présent ce qui est possible. Consolez-vous en Christ Jésus, le doux amour. Noyez-vous dans le sang du Christ crucifié, mettez-vous en croix avec le Christ crucifié, cachez-vous dans les plaies du Christ crucifié, baignez-vous dans le sang du Christ crucifié » (Lettre 16).

L’Église est enveloppée par les ténèbres du modernisme, mais la victoire appartient à Notre Seigneur et à son Épouse. Nous voulons continuer à professer la foi éternelle de l’Église face au rugissement du Mal qui l’assiège. Nous voulons veiller avec Elle et avec Jésus, dans ce nouveau Gethsémani de la fin des temps, pour prier et faire pénitence en réparation des nombreuses offenses qui leur ont été faites. »

+ Carlo Maria Viganò

Archevêque titulaire d’Ulpiana, Nonce apostolique – 19 décembre 2019

 

Notre espérance est en Notre-Dame Immaculée. « Elle t’écrasera la tête  » (Gen. 3, 15), a annoncé Dieu Tout-Puissant au serpent infernal. Dieu est fidèle. 

 

Abbé Dominique Rousseau

13 janvier 2020