Espérance !

 


Yule-Island, 4 novembre 1902


« … En France, tout paraît aller au pire.
Entre nous, je « sèche » de voir que pas un de mes vénérables collègues ne se soit trouvé derrière les portes des petites bonnes sœurs expulsées !
Tant que les mitres n’iront pas en prison, le gouvernement n’ira pas à la messe… »


Parole épiscopale ! C’était au temps où il y avait encore des évêques dignes de ce nom.

Mgr Alain de Boismenu avait de la trempe. Un breton taillé dans le granit de Saint Malo. Une foi sans faille, une charité ardente ! Toute sa vie il combattit pour l’extension du Règne du Christ en Papouasie. Lors de la séparation de l’Église et de l’État, il ne mâcha pas ses mots et nous voudrions suivre un tel évêque s’il s’en trouvait un de nos jours.

« Tant que les mitres n’iront pas en prison, le gouvernement n’ira pas à la messe… »

Des voix se lèvent pourtant. Elles ne sont pas nombreuses et nous n’entendons pas de voix, ni épiscopale ni sacerdotale, aboyer dans la Société fondée par S. E. Mgr Marcel Lefebvre. C’est déplorable.

Muselée par trop de rapprochements vers Rome, par palier, elle se tait. Telle la grenouille dans l’eau qui, de froide, devient tiède puis cuite, figée dans la mort… Mais ne restons pas à pleurer sur la Fraternité Saint-Pie X.

Une espérance de plus en plus claire vient d’un évêque, honni par la Rome moderniste. J’ai nommé Mgr Carlo Maria Viganò.

Cet archevêque vient d’être interviewé par un site portugais Dies iræ et l’entretien se trouve sur le blog de Jeanne Smits ( https://leblogdejeannesmits.blogspot.com ). Tout est à lire et méditer !

Ici déjà vous pourrez à votre aise – prenez le temps, car le message est important ! – de lire attentivement ce que l’évêque affirme :

Q. – « Excellence, aujourd'hui, nous catholiques, nous nous sentons souvent isolés par l'Église et presque abandonnés par nos pasteurs. Que pouvez-vous dire aux hiérarchies et aux fidèles qui, malgré la confusion et l'erreur qui se répandent dans l'Église, cherchent à persévérer dans cette dure bataille pour préserver l'intégrité de notre foi ? »

R. – « Mes paroles seraient certainement insuffisantes. Ce que je fais, c'est répéter les paroles de notre Seigneur, le Verbe éternel du Père : Je serai toujours avec vous, jusqu'à la fin du monde. Nous nous sentons isolés, c'est vrai : mais les apôtres et tous les chrétiens ne ressentaient-ils pas la même chose ? Notre Seigneur lui-même ne s'est-il pas senti abandonné, à Gethsémani ? Ce sont les temps de l'épreuve, peut-être de l'épreuve finale : nous devons boire la coupe amère, et même s'il est humain d'implorer le Seigneur de l'éloigner de nous, nous devons répéter avec confiance : non pas ma volonté, cependant, mais la Tienne. En nous rappelant ses paroles réconfortantes : Dans le monde, vous aurez des afflictions, mais ayez confiance ! J'ai vaincu le monde. Après l'épreuve, aussi dure et douloureuse soit-elle, la récompense éternelle est préparée pour nous, celle que personne ne peut nous enlever. L'Église brillera à nouveau de la gloire de son Seigneur après ce terrible et très long Triduum de Pâques.


Mais si la prière est certainement indispensable, nous ne devons pas nous abstenir de mener le bon combat, en nous faisant les témoins d'un militantisme courageux sous l'étendard de la Croix du Christ. Ne nous permettons pas de nous faire remarquer, comme la servante l'a fait avec saint Pierre dans la cour du grand prêtre : « Toi aussi, tu étais avec Jésus le Galiléen », pour ensuite renier le Christ. Ne nous laissons pas intimider ! Ne permettons pas qu'on mette le bâillon de la tolérance sur ceux qui veulent proclamer la Vérité ! Demandons à la Vierge Marie que notre langue proclame avec courage le Royaume de Dieu et sa Justice. Que le miracle de Lapa se renouvelle, où Marie a donné la parole à la petite Joana, née muette. Puisse-t-elle aussi donner à nouveau la parole à nous, ses enfants, qui sommes restés muets pendant longtemps. »


Mgr Viganò confesse qu’il fut un chien muet. Magnifique et humble mea culpa !

Honneur à lui à présent de lever la voix !

Prions pour cet évêque ne reste pas seul dans ce combat de David contre Goliath.

Martin Dalbanne
24 avril 2020