Opposition publique aux erreurs et aux fauteurs de ces erreurs

 

Le 27 juin 2013, la Fraternité Saint-Pie X, à l’occasion du vingt-cinquième anniversaire des sacres épiscopaux, rédigeait une déclaration, dont voici les dixième et onzième paragraphes :

 

10 - Cinquante ans après le Concile, les causes subsistent et engendrent toujours les mêmes effets. En sorte qu’aujourd’hui les sacres conservent toute leur justification. C’est l’amour de l’Église qui a guidé Mgr Lefebvre et qui guide ses fils. C’est le même désir de « transmettre le sacerdoce catholique dans toute sa pureté doctrinale et sa charité missionnaire » (Mgr Lefebvre, Itinéraire spirituel) qui anime la Fraternité Saint-Pie X au service de l’Église, lorsqu’elle demande avec instance aux autorités romaines de reprendre le trésor de la Tradition doctrinale, morale et liturgique.

11 - Cet amour de l’Église explique la règle que Mgr Lefebvre a toujours observée : suivre la Providence en toutes circonstances, sans jamais se permettre de la devancer. Nous entendons faire de même, soit que Rome revienne bientôt à la Tradition et à la foi de toujours – ce qui rétablira l’ordre dans l’Église –, soit qu’elle nous reconnaisse explicitement le droit de professer intégralement la foi et de rejeter les erreurs qui lui sont contraires, avec le droit et le devoir de nous opposer publiquement aux erreurs et aux fauteurs de ces erreurs, quels qu’ils soient – ce qui permettra un début de rétablissement de l’ordre. En attendant, face à cette crise qui continue ses ravages dans l’Église, nous persévérons dans la défense de la Tradition catholique et notre espérance demeure entière, car nous savons de foi certaine que « les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle » (Mt 16, 18).’

 

Après les méandres si brumeux et équivoques de l’année 2012, où Mgr Fellay disait aux prêtres de la Fraternité que « selon les lunettes, roses ou noires, qu’on chausserait », le texte de sa déclaration du 15 avril 2012[1] (quoique retirée en août de la même année) serait comprise différemment, la déclaration des évêques du 27 juin 2013 remit un peu d’ordre. Ordre de courte durée toutefois car, en septembre 2014, Rome et la Fraternité Saint-Pie X rédigeaient les mots suivants :

« Les parties, qui ont examiné certaines questions d'ordre doctrinal et canonique, ont convenu de procéder par palier mais dans un délai raisonnable vers le dépassement des difficultés. Et ce dans la perspective désirée d'une pleine réconciliation. »

(Cité du Vatican, 23 septembre 2014 (VIS) à la suite de la rencontre du Conseil général de la FSSPX avec Mgr Luis Francisco Ladaria Ferrer, Mgr Joseph Augustine Di Noia, et Mgr Guido Pozzo.)

 

Pour revenir à la déclaration du 27 juin 2013, on put lire au onzième paragraphe que la Fraternité voulait « s’opposer publiquement aux erreurs et aux fauteurs de ces erreurs, quels qu’ils soient ».

 

Avec le lamentable Synode sur l’Amazonie, qui s’est tenu à Rome du 7 au 27 octobre 2019, le Supérieur général de la Fraternité a rédigé une déclaration (28/10/2019) qui a le mérite de condamner le paganisme et les actes idolâtres dont Rome a été le théâtre[2] :

« Le récent synode sur l’Amazonie a été le théâtre de spectacles exécrables où l’abomination de rites idolâtres est entrée dans le sanctuaire de Dieu d’une façon inédite et impensable. De son côté, le document final de cette assemblée tumultueuse s’en prend à la sainteté du sacerdoce catholique, en poussant à l’abolition du célibat ecclésiastique et au diaconat féminin. Vraiment les germes de l’apostasie, que notre vénéré Fondateur, Monseigneur Marcel Lefebvre, avait très tôt identifiés comme étant à l’œuvre dans le Concile, continuent à porter tous leurs fruits avec une efficacité renouvelée.

Au nom de l’inculturation, des éléments païens s’intègrent de plus en plus dans le culte divin et l’on constate, encore une fois, comment la liturgie de Vatican II s’y prête parfaitement. (…)

L’Église romaine fondée par Notre-Seigneur Jésus-Christ (…) n’est pas une foire idolâtre et panthéiste. »

 

Nous attendons des membres de la Fraternité Saint-Pie X, du Supérieur général au plus humble vicaire, selon les termes de la déclaration du 27 juin 2013, qu’ils « s’opposent publiquement aux erreurs et aux fauteurs de ces erreurs, quels qu’ils soient ».

 

En effet, ce dernier synode a été préparé et mené par une personne, qu’il convient de nommer : le pape François. Ce synode est l’œuvre intégrale, assumée dans ses détails par une personne : le pape François. Il convient donc de déclarer que les actes qui ont eu lieu sont le fait d’une personne : le pape François. Dénoncer le mal est bien sans doute mais c’est insuffisant : les péchés ont été commis par des personnes, en chair et en os.

Dénoncer Rome n’est pas suffisant. Il faut dénoncer la personne qui a commis ce mal gravissime : le pape François. Prions pour sa conversion.

 

Honneur soit rendu aux jeunes catholiques qui, à Angers ce dimanche 3 novembre, ont fait une procession de réparation.[3]

 

Martin Dalbanne

 

 

[1]http://laportelatine.org/vatican/sanctions_indults_discussions/entretiens_doctrinaux/001_15_04_2012_declaration_doctrinale_fellay_a_levada.php

 

[2] - http://fsspx.news/fr/news-events/news/communiqué-du-supérieur-général-à-loccasion-du-synode-sur-lamazonie-52051

[3] https://cristiadatradicinalista.blogspot.com