Délivrez-nous, Seigneur

 

 

 

Libera nos, quæsumus Domine, ab omnibus malis præteritis, præsentibus, et futuris : et intercedente beata et gloriosa semper Virgine Dei Genitrice Maria, cum beatis Apostolis tuis Petro et Paulo, atque Andrea, et omnibus sanctis, da propitius pacem in diebus nostris : ut ope misericordiæ tuæ adjuti, et a peccato simus semper liberi, et ab omni perturbatione securi. Per eumdem Dominum nostrum Jesum Christum Filium tuum…

 

Délivrez-nous, nous vous en supplions, Seigneur, de tous les maux, passés, présents et à venir ; et par l’intercession de la bienheureuse et glorieuse Marie, Mère de Dieu, toujours Vierge, de vos bienheureux Apôtres Pierre, Paul et André, et de tous les saints, daignez dans votre bonté nous accorder la paix durant notre vie, pour que, soutenus par le secours de votre miséricorde, nous soyons à jamais délivrés du péché et à l’abri de toute sorte de troubles. Par le même Jésus-Christ votre Fils, Notre-Seigneur…

 

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Durant ces mois de ‘confinement’, plusieurs fidèles ont relevé avec un regard neuf cette prière de la sainte Messe. Privés parfois pendant des semaines de la sainte Messe, de la présence eucharistique, ils ont enfin pu récemment retrouver la joie d’une conscience purifiée après une bonne confession.

 

Ils avaient, avec l’absence des sacrements, médité davantage les prières de la Messe, cette prière du Libera nos notamment. Ils découvraient alors peut-être le sens plus profond et plénier de ces mots.

 

Profitons tous en ces temps difficiles, préparatoires peut-être à d’autres plus ardus, de ces mêmes grâces et ouvrons nos âmes, intelligences et cœurs, aux merveilles divines.

 

Regardons de plus près, avec les yeux de la Foi, sous la gouverne du Saint-Esprit que nous avons bien prié durant cette semaine de la Pentecôte, cette prière de l’Église. Elle se situe juste après la récitation du Pater noster. Cette sublime élévation, qui ouvre après le Sacrifice de nos Autels la partie sur la Communion, dont le Pater est le préambule, est le condensé des dispositions de l’âme pour recevoir Dieu-Hostie, Dieu Incarné, Jésus-Christ, Prêtre et Victime.

 

Dans un instant, nous nous approcherons de la sainte Table et nous voulons quitter le plus possible le vieil homme dont parle saint Paul, pour revêtir l’homme nouveau, créé à l’image de Dieu dans la justice et la sainteté véritables (Eph. 4, 22-23). Dieu désire tant prendre possession de tout notre être, nous lui appartenons. Aussi supplions-nous Dieu d’être délivrés de tout mal, passé, présent et futur. Voici la reprise, développée de la fin du Pater ‘Sed libera nos a malo’. Être délivré des maux qui entravent notre faculté d’aller librement à Dieu, telle est la partie initiale de toute conversion. Il s’agit de quitter le péché et de toutes ses entraves dont le démon, tel un lion rugissant et affamé, veut se saisir pour dérober les âmes à Dieu. Relisez les si belles paroles publiées il y a quelques semaines ici-même : « La lutte pour les âmes », par Mgr de Boismenu. https://www.saintjoseph-tradition.org/sur-la-lutte-pour-les-ames

 

 

Notre regard se tourne spontanément vers l’Immaculée, Marie, préservée de tout mal dès sa Conception. Qui mieux qu’Elle peut nous préparer à recevoir dans un instant son Fils, remède, nourriture, viatique pour l’éternité ?

 

Puis les grands Apôtres sont invoqués, les deux inséparables Pierre et Paul, colonnes de l’Église, et André, le premier parmi les apôtres à suivre le divin Maître. Tous les saints à leur suite sont invités à nous aider dans cette quête divine.

 

L’intercession de cette milice céleste étant assurée, nous demandons avec assurance, appuyés sur la bonté de Dieu, la paix ici-bas, tranquillité de l’ordre, selon le mot si juste de saint Augustin. Avec la joie, la paix est un des premiers fruits du Saint-Esprit.

 

Nous supplions Dieu encore une fois de soutenir nos faiblesses de sa miséricorde. En ce mois de juin, poursuivons avec ardeur nos prières ardentes vers le Sacré-Cœur de Jésus, fournaise ardente de Charité. Le Cœur de Jésus veut régner, malgré ses ennemis. Il l’a affirmé en 1689 à sainte Marguerite-Marie, à Paray-le-Monial. Il veut régner : en nous tout d’abord, puis partout, dans toutes les âmes, dans le monde entier. Avons-nous foi en ses promesses ?

 

 

 

Abbé Dominique Rousseau

Dimanche de la Sainte Trinité

7 juin 2020