Sermon de l’abbé Rousseau, dimanche 8 novembre 2020

 

(23ème Dimanche après la Pentecôte)

 

 

Confiance en Dieu Tout-Puissant

 

 

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

 

Mes bien chers Frères,

 

Avec ces événements ardus que nous savons devoir venir, Notre-Seigneur Jésus-Christ nous a prévenus que les temps seraient rudes ; et ça fait des années, 10 ans, 20 ans, 30 ans que nous savons que ces jours vont arriver et nous pouvons être dans une inquiétude, une angoisse, une frayeur même.

 

Hier, en récitant mon bréviaire, j’ai commencé les vêpres avec cette inquiétude intérieure et puis je suis arrivé au Magnificat et j’ai prié l’Antienne du Magnificat que je n’avais jamais lue ni saisie comme cela.

 

La voici :

 « Muro tu inexpugnabili circumcinge nos, Domine, et armis tuæ potentiæ protege nos semper » et là, mon âme s'est trouvée dans la paix, par ces mots dont voici la traduction :

« Entourez-nous Seigneur de votre mur inexpugnable et protégez-nous des armes de votre puissance. »

 

 L’Église met sur nos lèvres ces paroles et ça n’est pas anodin : la liturgie donne chaque année dans des circonstances particulières une nourriture pour nous. Ça correspond tellement au Notre Père, mes bien chers frères.  Nous demandons dans  Notre Père le pain de chaque jour :

« Panem nostrum quotidianum da nobis hodie ». Bien sûr ce pain est à décliner sous différentes formes ; essentiellement c’est la Sainte Eucharistie. Il n’y a pas de pain meilleur que celui-ci. 

 

Notre Seigneur Jésus-Christ nous a dit : « Ma chair est une nourriture, mon sang est un breuvage ; qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et moi je le ressusciterai au dernier jour ».  Il a la vie éternelle, dès maintenant et Dieu nous entoure de ce mur inexpugnable. Nous sommes une cité intérieure, notre âme prise par le Bon Dieu, possédée par le Bon Dieu est inexpugnable ; elle est indéfectible dans la mesure bien sûr où le Bon Dieu entoure notre âme de ce mur, de ce mur, un mur sans faille, ça n’est pas un mur de gruyère, non, un mur sans faille.

 

On demande deux choses dans cette petite phrase : entourez-vous ; protégez-nous !

On donne des ordres au Bon Dieu, le Bon Dieu aime se faire prier, il aime se faire prier.

 

Regardez l’Évangile : il y a deux miracles dans celui d’aujourd’hui. Notre-Seigneur vient pour cette petite fille qui est malade et qui va mourir. Et comme par hasard, Jésus arrive trop tard, comme par hasard, ce n’est pas anodin non plus cela. Il veut montrer sa Toute-Puissance en ressuscitant cette enfant.

Et puis, chemin faisant, il y a cette femme qui, depuis 12 ans, souffre d’un flux de sang : les médecins n’ont pas pu la guérir. Et elle se dit : « Si seulement je touche la frange de son manteau, je serai guérie, la frange de son manteau » ; et elle va le faire, elle va le faire !

 

Dans un lieu parallèle, ça n’est pas dans l’Evangile, celui- ci est dans un lieu parallèle et je crois que c’est cette femme justement ; il y avait une grande foule et elle se dit : « Si je touche la frange de son manteau, je serai guérie » et elle touche le manteau de Jésus.

Et Jésus se retourne en disant : « Qui m’a touché ? »

« Mais Seigneur tout le monde vous touche !»

« Ah non »

« Personne vous touche Seigneur ».

C’est comme dans une foule, une grande foule. Vous êtes dans le métro à Paris et tout le monde vous touche. Mais personne ne vous touche, volontairement. Mais là, elle a voulu toucher Jésus « qui m’a touché, qui m’a touché ? » Elle a voulu toucher Jésus en se disant : « Si je peux seulement le toucher je serai guérie » Quelle assurance !

Elle ne doute pas un instant. « Qui m’a touché ? »

Elle a donné un ordre à Notre-Seigneur Jésus-Christ : « Guérissez-moi, » mais elle n’ose pas même parler. Dans la discrétion et dans sa foi, c’est une femme croyante. Et elle obtient ce qu’elle veut par sa la foi. Elle a la foi.

 

Et donc, nous donnons des ordres au Bon Dieu. Entourez-nous, Seigneur de votre mur, ce n’est pas un mur anodin, un mur banal. C’est votre mur, donc c’est le Bon Dieu qui a construit le mur. Ce n’est pas moi qui ai construit le mur, c’est Dieu qui construit le mur, un mur inexpugnable où le démon ne pourra pas entrer dans ce mur. Protégez-moi de vos armes, des armes de votre puissance. Dieu est Tout-Puissant :

« Je crois en Dieu, le Père tout puissant ». Protégez-nous toujours, toujours, ce n’est pas de temps en temps, en pointillé, mais toujours.

 

Voici l’antienne qui est à même, je pense, de mettre nos âmes dans une grande paix intérieure.

 

La paix intérieure n’enlève pas les soucis, les croix, les peines, les épreuves, le martyr peut-être, mais la paix.

 Voyez l’Histoire de l’Église : chez tous les martyrs, quelle paix intérieure, quelle force, parfois quelle audace, quelle audace !

Saint Laurent qui a l’audace ; alors qu’il est cuit d’un côté, il dit au bourreau : «Tu peux tourner, je suis cuit de ce côté ! »

Il avait la force encore, à étonner les bourreaux eux-mêmes. Mais Notre-Seigneur Jésus Christ est Roi.

 

Il y a une antienne de Noël qui nous dit ceci et durant tout le temps de Noël à Prime, il y a une petite leçon : « Ipsi peribunt, tu autem permanebis » que nous récitons tous les jours durant le temps de Noël : « Ils périront tous, mais vous, vous demeurerez. » Ils périront tous, tous ces mécréants, tous ces sans-Dieu, tous ceux qui l’ont renié, tous ceux qui ne veulent pas qu’Il règne dans nos âmes, dans nos enfants, chez les personnes âgées… ils disparaîtront, mais vous, Seigneur, vous demeurerez pour toujours.

 

Alors ayons confiance au Bon Dieu. Mettons notre confiance en Lui. Pas en nous, mais dans le Bon Dieu qui peut tout, qui peut tout.

 

Satan et ses suppôts savent que le règne du Christ est proche. Alors Satan a décidé de jeter son masque, il masque le monde, mais il a jeté son masque, il se dévoile, il se dévoile. Probablement il sait que son temps est tout à fait compté, alors il décharge ses batteries et il fait peur, il inquiète.

 

Mais le Bon Dieu nous a entouré d’un mur, d’un mur inexpugnable.

Notre-Seigneur a dit cela le soir du Jeudi Saint aux Apôtres : « Ayez confiance, j’ai vaincu le monde ».

 

Mais comment a-t-il vaincu le monde ? Ah, ce mot nous inquiète aussi :

Il a vaincu le monde par la croix, par la croix. Dès le berceau, dès son berceau, dès la crèche,

Notre-Seigneur Jésus-Christ vint le monde par la croix parce que ce berceau était fait de paille et de bois, Il vient sur le bois, Il sera cloué sur du bois. Mais Il ressuscite et déjoue tous les plans de ses ennemis.

 

Plus les épreuves seront importantes et plus le brouillard sera épais dans ce pauvre monde, et plus alors la victoire du Bon Dieu sera extraordinaire. Nous serons tous éblouis et les méchants seront anéantis devant la Puissance du Bon Dieu.

 

« Par le souffle de sa bouche, il pulvérisera tous les méchants. » Le Bon Dieu est Tout-Puissant, un rien apparent - un souffle de sa bouche - et il renverse tous les puissants de ce monde, même si actuellement c’est le temps des ténèbres. Mais la lumière aussi, elle luit dans les ténèbres et cette lumière c’est Notre-Seigneur Jésus-Christ.

 

Confions-nous-en notre Seigneur Jésus-Christ, en ce mur inexpugnable, et puis aussi dans un autre mur qui est une tour, Tour de David, Tour de David : c’est Notre-Dame qu’on invoque ainsi dans les litanies de Lorette : « Tour de David priez pour nous ! »

 

Nous avons également ici dans ce petit village ce beau vocable : Notre-Dame de Bonne Nouvelle.

Confions-nous à Elle, confions toutes nos inquiétudes, toutes nos difficultés, nos soucis, nos lendemains hasardeux peut-être humainement parlant. Le Bon Dieu saura nous nourrir tous les jours.

 

On a commencé cette nuit le récit, à matines, de Daniel qui va être en butte à un roi extrêmement puissant, Nabuchodonosor.

Mais ce roi aura un songe, inexplicable pour lui, et que Daniel va lui expliquer : un colosse aux pieds d’argile. C’est ça Nabuchodonosor et tous les Nabuchodonosor de nos jours sont des colosses aux pieds d’argile ; ils vont s’écrouler.

Daniel avec les trois jeunes hommes a été mis dans une fournaise ; dans cette fournaise pourquoi ? parce qu’ils refusaient d’adorer à l’heure dite, Nabuchodonosor.

Nabuchodonosor avait prescrit que lorsque la cloche sonnait, il fallait se prosterner devant sa statue et Daniel refusera avec les trois jeunes hommes d’obtempérer et c’est pour cela qu’ils seront jetés dans une fournaise.

Et par la suite il y aura la fosse aux lions. De ces deux épreuves ils sortiront indemnes parce qu’ils se confient dans le Bon Dieu.

 

De nos jours, il y aussi des Nabuchodonosor… Ils périront tous parce qu’ils s’opposent au Christ-Roi.

 

Confions-nous au Bon Dieu, à la Sainte Vierge qui ne manquera jamais de nous secourir dans la mesure où nous avons une grande confiance, non pas en nous, mais dans la puissance du Bon Dieu, dans son mur inexpugnable.

 

Ainsi soit-il.

 

NB : le style oral a été conservé