"Clama, ne cesses"

« Les chiens d’Israël sont tous aveugles, ils ne savent rien ; ce sont tous des chiens muets qui ne peuvent aboyer ; ils rêvent, ils se couchent, ils aiment à dormir. » Is. 56, 10

 

« Nous constatâmes que la liberté de pensée avait plus de prix que la liberté physique.

Une plaisanterie circulait : un chien ayant fui la Roumanie arrive à Paris. Amaigri et affamé il erre dans le bois de Boulogne. Un chien français lui demande :

    - Tu n’avais rien à manger dans ton pays ?

    - Mais si !

    - Tu n’avais pas de logement ?

    - Mais si !

    - Alors pourquoi t’es-tu enfui ?

    - Parce qu’on ne me laissait pas aboyer ! »

Mgr Ioan Ploscaru : Chaînes et terreur ; un évêque dans les geôles communistes

(Ed. Salvator, 2017, p. 347)

On connaît son devoir, l’intelligence est lucide sur ce qui est bon et sur ce qui ne l’est pas. Entre l’intelligence et la volonté, il y a souvent un pas, voire un abîme. Ferai-je l’acte bon ? Ne ferai-je pas l’acte mauvais ? Parfois on reste comme assis sur le bord du chemin, en attendant, en attendant... Mais quoi donc ? On sait qu’il faut prendre une bonne décision, mais elle coûte car on sait les conséquences que cet acte bon et méritoire produira.

 

C'est l’image du train qui s’arrête en gare, avec ses portes s’ouvrant ; il ne s’agit pas de rester les bras ballants et attendre qu’un autre train passe. Y aura-t-il un autre train ? Quand les portes sont ouvertes, il faut y rentrer, puis partir.

 

Telle fut l’histoire de ces prêtres. Pour eux, tout fut clair en un instant. Ils auraient attendu encore un peu que peut-être n’auraient-il pas quitté la Fraternité.

 

Depuis l’année 2012, de nombreux prêtres sont soit partis d’eux-mêmes, soit ont été expulsés de la Fraternité. Cela ne s’est jamais fait qu’au compte-gouttes. Et cela restera ainsi tant que la Fraternité déviera, avec ou sans le tampon dont parlait Mgr Fellay. C’est une donnée d’expérience et d’observation. On a la grâce à un moment donné, l’intelligence sait, la volonté suit, et tout cela est particulier et non universel. Ce sont des circonstances bien concrètes qui vous font prendre telle et telle décision, à tel moment, maintenant, ni avant, ni après.

 

Il semble à première vue que la direction nouvelle de la Fraternité ait repris la barre, de façon plus solide que les agissements de l’ancienne direction. Il semble… oui, il semble seulement. En effet rien des directives (juridiction pour les confessions, délégation pour les mariages) n’a été remis en cause par M. l’abbé Pagliarani, bien au contraire. (Voir ci dessous - en pdf - la circulaire du Supérieur du district de France, du 2 juillet 2019 à ce sujet.)

 

Depuis le départ de ces prêtres de la Fraternité Saint-Pie X, c’est la liberté intérieure, liberté de pensée (voir plus haut le mot plaisant rapporté par Mgr Ploscaru), c’est la paix intérieure inconnue depuis trop longtemps et retrouvée - Deo gratias - qui règne en leurs âmes. Ce n’est vraiment pas une liberté débridée de faire ce qu’ils veulent, au gré de leurs idées ou caprices. Ce n’est pas cela la liberté, ce serait bien plutôt la soumission à l’esclavage des passions. Rien de cela. Le gîte, le couvert et tout le côté matériel qui leur manquent en premier lieu, avec beaucoup d’imprévus certains… tout cela n’a que très peu de poids par rapport à la paix qui inonde leurs âmes. Liberté de prêcher sans compromission ! Cette liberté n’a pas de prix.

 

Fiat voluntas tua !

Faire la volonté de Dieu, dans la droite ligne de la pensée de notre Fondateur, ne pas s’écarter de la ligne  qu’il a tracée.

Contrairement à ce qu’on peut entendre, Mgr Lefebvre ne recherchait avec la Rome moderniste une reconnaissance canonique à tout prix. C’est même bien le contraire qu’il laissa comme testament. Lisez bien ce qui suit.

A la veille de sa mort (25 mars 1991), Mgr Lefebvre avait en effet donné un entretien à la revue Fideliter. Ces mots sont ses Novissima verba.

« FIDELITER - Qu'est-ce que vous pouvez dire à ceux d'entre les fidèles qui espèrent toujours en la possibilité d'un arrangement avec Rome ?

Monseigneur - Nos vrais fidèles, ceux qui ont compris le problème et qui nous ont justement aidés à poursuivre la ligne droite et ferme de la Tradition et de la foi, craignaient les démarches que j'ai faites à Rome. Ils m'ont dit que c'était dangereux et que je perdais mon temps. Oui, bien sûr, j'ai espéré jusqu'à la dernière minute qu'à Rome on témoignerait d'un petit peu de loyauté. On ne peut pas me reprocher de ne pas avoir fait le maximum. Aussi maintenant, à ceux qui viennent me dire : il faut vous entendre avec Rome, je crois pouvoir dire que je suis allé plus loin même que je n'aurais dû aller. »

(Entretien exclusif avec Mgr Marcel Lefebvre - Fideliter n° 79 de janvier-février 1991)

 

Ainsi, en ce début d’année, prenons pour résolution ce qui suit : pas de ralliement à la Rome moderniste par paliers. Prêchons la vérité sans crainte. Dieu est avec nous !

 

Les âmes des vrais fidèles ont soif de vérités non diminuées. « Salvum me fac Domine, quoniam defecit sanctus : quoniam diminutæ sunt veritates a filiis hominum.  - Sauvez-moi, Seigneur, car il n’y a plus de saints : parce que les vérités ont été diminuées par les enfants des hommes » (Ps. 11) 

A La Salette, Notre-Dame presse ses enfants à sortir de l’ombre pour répandre la lumière de la Vérité, comme des torches embrasées de l’Amour de son divin Fils. Ne sommes-nous pas dans ce présent, ne nous invite-t-elle pas à la prédication vibrante et ferme dans notre monde apostat ?

Ecoutons attentivement les paroles de l'Immaculée : 

« (…) Dieu aura soin de ses fidèles serviteurs et des hommes de bonne volonté ; l'Évangile sera prêché partout ; tous les peuples et toutes les nations auront connaissance de la vérité !
    J'adresse un pressant appel à la terre ; j'appelle les vrais disciples du Dieu vivant et régnant dans les cieux ; j'appelle les vrais imitateurs du Christ fait homme, le seul et vrai Sauveur des hommes ; j'appelle mes enfants, mes vrais dévots, ceux qui se sont donnés à moi pour que je les conduise à mon divin Fils, ceux que je porte pour ainsi dire dans mes bras, ceux qui ont vécu de mon esprit. 

    Enfin, j'appelle les Apôtres des derniers temps, les fidèles disciples de Jésus-Christ qui ont vécu dans un mépris du monde et d'eux-mêmes, dans la pauvreté et dans l'humilité, dans le mépris et le silence, dans l'oraison et dans la mortification, dans la chasteté et dans l'union avec Dieu, dans la souffrance et inconnus du monde. 

    Il est temps qu'ils sortent et viennent éclairer la terre. Allez et montrez-vous comme mes enfants chéris ; je suis avec vous en vous pourvu que votre foi soit la lumière qui vous éclaire dans ces jours de malheurs. 

    Que votre zèle vous rende comme des affamés pour la gloire et l'honneur de Jésus-Christ.
    Combattez, enfants de lumière, vous petit nombre qui y voyez ; car voici le temps des temps, la fin des fins.
    L'Eglise sera éclipsée, le monde sera dans la consternation. Mais voilà Enoch et Elie remplis de l'Esprit de Dieu ; ils prêcheront avec la force de Dieu et les hommes de bonne volonté croiront en Dieu, et beaucoup d'âmes seront consolées ; ils feront de grands progrès par la vertu du Saint-Esprit et condamneront les erreurs diaboliques de l’antéchrist. (…) »
Message de Notre-Dame de La Salette, 19 septembre 1846

 

Abbé Dominique Rousseau

3 janvier 2020

Circulaire concernant la diversité des mariages :