Saint Paul
et
saint Pierre
en prison 

Charité et Vérité

 

 

Dieu est Charité – Dieu est Vérité. L’un et l’autre élément se retrouvent en Dieu. Saint Jean affirme expressément l’existence de la première assertion tout autant que l’autre. C’est Notre-Seigneur lui-même qui le dit : « Je suis la Vérité ».

 

Les temps actuels demandent que l’on mette l’accent sur la réciprocité et le lien profond unissant ces deux réalités. En effet les milieux catho-bon-teint parlent volontiers de la charité, conjuguée sur tous les tons. Ils taisent cependant la vérité, trop sévère ou trop rigide à leur goût. La vérité a cédé le pas à la sincérité d’ailleurs. L’opinion a meilleure presse de nos jours que la rigueur d’une vérité transcendante, objective.

 

La vérité bannit l’erreur, tout autant que la charité exclut le péché. « Qui de vous me convaincra de péché ? » (Jn 8, 46) Les détracteurs du divin Maître se retirèrent, après une telle parole. Rageurs en leur for intérieur mais bouche bée, ils durent attendre une autre occasion pour tendre un piège à Notre-Seigneur.

 

Les apôtres que nous venons de fêter, saints Pierre et Paul, manifestent aussi bien dans leur vie que dans leur prédication ces deux réalités. C’est parce qu’ils aiment éperdument Notre-Seigneur qu’ils Le prêchent à temps et à contre-temps, jusqu’à mourir martyrs. Témoins de la Vérité, ils ne peuvent cacher et mettre sous le boisseau l’Amour – Vérité. Ils iront en prison, seront lapidés, battus, crucifié (St Pierre), décapité (St Paul). Rien ne les arrête dans leur course pour porter partout le Nom de Jésus. On peut en dire autant de tous les autres apôtres.

 

La Vérité est entière. La Charité n’admet pas non plus d’amoindrissement.

 

C’est parce que « nous avons cru à la Charité » (1 Jn 2, 16) que nous prêchons Jésus, intégralement. C’est pour cela que nous devons, en même temps que nous prêchons la Charité, combattre les erreurs et les fauteurs d’erreurs.

 

J’ai été fort surpris, en écoutant le sermon de Mgr Tissier de Mallerais (ordinations sacerdotales du 29 juin dernier à Ecône), de ne pas entendre une seule fois l’évêque-auxiliaire de la Fraternité Saint-Pie X dénoncer le modernisme. Une homélie certes spirituelle pour de jeunes prêtres lancés dès le lendemain dans le monde pour leur apostolat. Il a manqué de mettre l’accent, et ceci est notable et grave en nos temps d'apostasie, sur la dimension du combat pour la Vérité et aussi contre l’erreur, que nous avons reçu en ce même séminaire d’Ecône, voici trente ans et plus.

 

A croire, en écoutant le prélat, que la crise qui sévit dans l’Église n’existe pas, n’existe plus. Il n’en a pas été question en tout cas. Quelle différence avec les homélies du vénéré Mgr Lefebvre… Il prêchait la Charité, il prêchait la Vérité et pourfendait l’erreur et dénonçait ceux qui la propagent. Les temps… ont bien changé à Ecône… Que l’on ne dise pas que la Fraternité demeure intacte, cinquante ans après sa fondation. Par touches successives, elle baisse la garde. La Vérité doit être clamée haut et fort, surtout par ceux qui sont en charge, les évêques, les supérieurs en premier lieu.

 

« Mes petits enfants, n’aimons pas en paroles et de bouche, mais en actes et en vérité. » (1 Jn 3, 18)

 

 

Abbé Dominique Rousseau

5 juillet 2020