Quelques variations sémantiques

sur le mot « confinement »

 

 

Lundi 11 mai 2020 à minuit, s’est achevée la période de cinquante cinq jours dite de « confinement ».

 

Vous remarquerez, cher lecteur, les guillemets apposés avant et après ce mot. En ma qualité d’opposée absolue au système mondialiste qui domestique nos dirigeants, j’ai pour règle de ne jamais faire usage dans mes conversations du vocabulaire de l’adversaire. Il me fallait chercher une parade.

 

Mais comment procéder ? mon goût prononcé pour l’étude des mots, leur origine et leur sens a stimulé de fait ma curiosité et je me suis livré dés lors à un petit exercice linguistique bien jubilatoire.

 

Quelques exemples ?

 

Savez-vous que le mot « confiner » (source : Littré) signifie d’abord « accomplir l’action de reléguer » et qu’en droit criminel, il désigne « la peine de mise à l’isolement d’un prisonnier » ?

 

Cette découverte m’a encouragée à poursuivre : désireuse de bannir résolument cette appellation gouvernementale de mon vocabulaire courant, et d’éveiller en société l’indignation de mes interlocuteurs trop dociles, je n’ai guère eu de peine à trouver des termes de substitution : Enfermement, mise aux arrêts, réclusion ou détention domestiques, claustration, assignation à résidence, séquestration d’État, relégation. Autant de mots auxquels l’adjectif « républicain » a bien souvent tenu compagnie.

 

N’avez-vous rien remarqué cher lecteur ? oui, tous ces termes relèvent bien du vocabulaire carcéral et judiciaire.

 

Oui, la France s’est transformée pendant cinquante cinq jours en un gigantesque camp d’internement de soixante sept millions de criminels en puissance : vous et moi.

 

Cher lecteur, profitez bien de votre… levée d’écrou, pardon, de votre élargissement.

 

 

 

Catherine Tériac

 

Le 11 mai 2020