+ 12 juillet 2020 – Montaigut-en Combraille

30 ans sacerdoce de l’abbé Dominique Rousseau

 

Misericordias Domini in æternum cantabo – Ps. 88

                                                                                                                   Image d’ordination, 29 juin 1990

 

Je demande au Seigneur une seule chose, je la désire ardemment :

c’est d’habiter dans la Maison du Seigneur tous les jours de ma vie. – Ps. 26, 4

                                                                                                                                    Jubilé d’argent, 2015

 

 

 

Aujourd’hui, 30 ans de sacerdoce consacré à Dieu, Notre-Seigneur Jésus-Christ, dans la sainte Église catholique : mon chant est le Magnificat !

 

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Quelques remerciements tout d’abord, puisque j’ai tant de gratitude à exprimer à cette étape de ma vie sacerdotale.

Merci au Bon Dieu, à Notre-Dame l’Immaculée, à saint Joseph, à saint Dominique mon saint Patron, à mon Ange gardien, pour toutes les grâces et bienfaits dont ils m’ont comblé depuis si longtemps.

Merci à ma famille, catholique et combattante pour les bons combats de la Foi depuis toujours. Du haut du Ciel où j’ai la ferme conviction qu’il est à présent, mon cher Père ( + 6/12/2010) se réjouit certainement de la décision que j’ai prise voici un an. Ma chère Maman, trop âgée pour être des nôtres aujourd’hui, prie pour moi.

Merci à Mgr Lefebvre qui, au XXème siècle, résista contre vents et marées, par amour pour Rome, Mère et Maîtresse de vérité, Vérité abandonnée et combattue par les autorités actuelles au profit de nouvelles doctrines. L’ancien délégué apostolique pour l’Afrique francophone, archevêque de Tulle et fondateur de la Fraternité Saint-Pie X avait pour principe celui de saint Paul : « Mieux vaut obéir à Dieu qu’aux hommes. » La Foi est supérieure à l’obéissance, quoi qu’on puisse entendre de nos jours. La paroisse de Montaigut-en-Combraille a pour saint Patron saint Illide. Ce saint est le même que saint Hilaire de Poitiers, ou encore saint Alyre (près de la Chaise-Dieu). Saint Hilaire ou Illide nous montre la route : fidélité face à l’hérésie, arienne en son temps, moderniste, apostasie quasi universelle de nos jours.

Merci à l’abbé Morgan qui, voici un an, m’a accueilli ici pour qu’ensemble nous continuions l’apostolat auprès des âmes qui nous font appel ‘à droite et à gauche, mais plutôt à droite qu’à gauche !’, selon les principes appris au séminaire d’Ecône, sans amoindrissement.

Merci à Mgr Faure qui me fait la délicate surprise de sa présence parmi nous aujourd’hui.

Merci au Révérend Père Pierre-Marie, Supérieur des Dominicains d’Avrillé ainsi qu’aux séminaristes présents.

Merci à M. le Curé de Saint-Eloy les Mines qui nous ouvre les portes de l’église de Montaigut pour fêter cet anniversaire sacerdotal.

Merci à Madame Garrido, notre aimable et dévouée voisine, qui ouvre tous les jours cette belle église, et qui la garde accueillante et bien entretenue.

Merci à vous tous, chers fidèles et amis, d’être venus m’entourer dans mon action de grâces.

 

 

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Excellence,

Chers confrères,

Mes bien chers frères,

 

Trente ans dans le même métier, c’est une belle étape dans la vie d’un homme.

Trente ans de sacerdoce, c’est tout autre chose dans la vie d’un prêtre. Car la vie du prêtre n’est pas un métier, ce n’est pas une carrière, c’est une vie donnée à Dieu et par conséquent, course à la recherche des âmes. « Da mihi animas, cetera tolle. » (Gen. 14, 21) St Jean Bosco avait fait de cette phrase son mot d’ordre pour sa vie de prêtre.

Le prêtre enseigne aux hommes la Vie du Christ, il les fait devenir enfants de Dieu, les prépare à devenir soldats, pour les combats spirituels contre le démon qui cherche une proie pour la dévorer.

 

Être prêtre n’est pas commun, ordinaire. « Le prêtre doit sacrifier, bénir, présider, prêcher, baptiser. (…) Considérez l’action que vous faites, imitez le sacrifice que vous offrez ; en célébrant le mystère de la mort du Sauveur, cherchez à mortifier votre chair avec tous ses vices et ses convoitises. Que votre enseignement soit pour le peuple de Dieu le remède des âmes ; que la bonne odeur de vos vertus réjouisse l’Église de Jésus-Christ ; que votre prédication et votre exemple édifient la maison de Dieu, c’est-à-dire ses enfants… » (Pontifical de l’ordination des prêtres, Monition)

Dieu dans un homme ! Les fidèles disaient cela après avoir vu le saint curé d’Ars, saint Jean-Marie Vianney.

Être prêtre, c’est en nos temps d’apostasie un miracle. Mgr Lefebvre le disait souvent. Et pourquoi le monde tient-il encore ? La présence des âmes consacrées est certainement une réponse, la célébration de la sainte Messe l’est aussi et plus encore. Chaque jour sur l’autel est renouvelé le Sacrifice de Notre-Seigneur Jésus-Christ. C’est la raison d’être du prêtre. Depuis 30 ans j’ai la joie, chaque matin, de monter à l’Autel : « Ad Deum qui lætificat juventutem meam ». Même vieillard, le prêtre chantera toujours ces mots d’éternelle jeunesse. Parce que Dieu ne change pas. La Messe nous fait pénétrer dans l’éternité, l’immobilité divine. Quel grand mystère…

 

Prêtre pour mener le beau combat de la Foi. Ste Thérèse de l’Enfant Jésus aurait tant désiré vivre dans ces temps d’apostasie. Pourquoi ? Tout simplement pour montrer un amour plus grand envers l’Époux de son âme.

 

Prêtre au service de Notre-Seigneur Jésus-Christ. L’homme est fait pour connaître la vérité (intelligence) et il y a plus encore. Ce que l’on comprend, il faut le vouloir, et donc servir NSJC. La récompense : son règne. Que votre Règne arrive !

« Appel du Christ : viens, suis-moi ! Appel précis, fort, calme et doux. L’idéal : son règne. Le mot d’ordre : servir, s’oublier. » (Dom Chautard, 29/09/1935)

« Dieu, auteur et amateur de la paix, puisque vous connaître, c’est vivre, et vous servir, régner, protégez-nous de tous les assauts de l’ennemi, en sorte que, par l’intercession du bienheureux Irénée, votre évêque et martyr, confiants dans votre défense, nous n’ayons à redouter les armes d’aucune force hostile. » (Postcommunion de la messe de St Irénée, 3 juillet)

 

« Misereor super turbam », disait Notre-Seigneur (évangile du sixième dimanche après la Pentecôte). Le Sauveur manifestait la pitié, la compassion aux âmes blessées par le péché bien plus que devant les corps malades. Sans doute le Christ prend-il soin des corps (nourriture, multiplication des pains et des poissons, miracles), mais bien davantage des âmes (conversion, miracles moraux). Le prêtre a essentiellement pour mission de nourrir les âmes : « Allez donc, enseignez toutes les nations, baptisez-les, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Enseignez-leur à garder tous mes commandements. » (Mt 28, 19-20). Le prêtre doit à l’imitation du Christ crier comme saint Dominique face à l’hérésie albigeoise : « Quid fiant peccatores ? Que vont devenir les pauvres pécheurs ? » Voilà l’urgence ! le rachat des âmes, par une vie sainte, donnée, livrée à Dieu.

 

Il y a de jeunes garçons dans cette assistance : la Tradition n’est pas peuplée que de cheveux blancs, bien au contraire ! Répondez généreusement à l’appel de Dieu. N’entendez-vous pas la réponse du jeune Théophane Vénard qui, au récit du martyre de Charles Cornay, s’exclama : « Et moi aussi je veux partir au Tonkin ! et moi aussi je veux être martyr ! » Le divin Martyr du Golgotha prit sa prière à la lettre. Dieu est fidèle. A celui qui se donne, Il donne davantage encore. Il se donne ! Et le prêtre à l’autel peut en toute vérité prononcer, in persona Christi, les paroles sublimes : « Ceci est mon Corps, Ceci est mon Sang. » Voici trente ans que je prononce ces paroles. Je ne regrette rien. Il m’a tout donné ! Je ne regrette que mes petitesses, mes lâchetés, mes fautes. Et je publie en ce jour ses Miséricordes.

 

Chers Fidèles, merci pour votre soutien et vos prières depuis des années, et notamment depuis un an, depuis que je suis en Auvergne pour un apostolat parfois fort éloigné. Priez pour nous, prêtres, nous prions bien pour vous et vous savez notre souci de vous visiter régulièrement, malgré des grandes distances. Vous avez tous, ou presque tous, fait de nombreux kilomètres pour ce jour anniversaire. Vous soyez ainsi les trajets que parcourent vos prêtres chaque semaine.

 

Le Bon Dieu m’a confié depuis trente ans de beaux champs d’apostolat, au Canada pendant six ans, en France depuis lors. Apostolat varié : ministère paroissial, dans plusieurs écoles, pour la prédication de retraites, et à présent selon un mode missionnaire à travers la France depuis ce petit village, en face de cette belle église où Notre-Dame de Bonne Nouvelle sourit à ses enfants : elle fait des miracles ! Dans les siècles passés, Elle a ressuscité un enfant mort afin qu’il reçoive le baptême. Qu'Elle continue aujourd'hui ses miracles, pour tant d'âmes, mortes par le péché !

 

L’Immaculée est Vierge et Elle est Mère : merveille divine, chef d’œuvre de la délicatesse de Dieu Trinité. Parce qu’elle est Vierge, elle est toute consacrée à Dieu, elle ne regarde que Dieu. Les intérêts de Dieu sont les siens. Parce qu’elle est Mère, elle est féconde.

A l’image de Marie, le prêtre est vierge et il est père. Tout donné à Dieu, il ne vit pas pour lui, il ne fonde pas de famille selon la chair. Et sa virginité consacrée est féconde : il devient par son ordination père de nombreuses âmes. Durant ces années, j’ai eu la joie de pouvoir enfanter à la grâce de l’adoption divine par le baptême beaucoup d’âmes, j’ai donné le pardon du bon Dieu abondamment. Quelle joie pour le prêtre de pouvoir ainsi continuer dans le temps l’œuvre du bon Dieu !

 

Cette journée est dédiée à notre bonne Mère du Ciel. Elle est notre Avocate, nous lui confions ainsi qu’à saint Joseph notre apostolat, humble et caché. Que nos Saints protecteurs nous guident toujours sur les traces du divin Maître, pour que Son Règne arrive !

 

Ainsi soit-il.