Étonnement ?

 

Le 24 septembre dernier a eu lieu au Séminaire suisse d’Ecône une cérémonie depuis longtemps attendue : le transfert de la dépouille mortelle de Son Excellence Monseigneur Marcel Lefebvre, décédé le 25 mars 1991, jour où tout commence dans le plan du salut du genre humain : l’Annonciation.

 

Depuis cette date le corps du Fondateur de la Fraternité Saint-Pie X reposait dans le caveau bien connu, près des garages du Séminaire. Une demeure plus digne lui convenait bien. Ce fut donc hier que le transfert eut lieu. Le site de La Porte latine a publié les nombreuses photos de cet événement ainsi que la vidéo de la cérémonie.

 

On eût pu s’attendre à ce que ce soit l’abbé Pagliarani, actuel Supérieur général de la FSSPX, qui procédât à cette digne et émouvante cérémonie.

Ou encore Mgr Tissier de Mallerais, le plus ancien des actuels évêques de cette Société et mémoire des temps reculés de la Fraternité.

Ou encore Mgr de Galarreta, actuellement premier Assistant du Supérieur général.

Non.

L’élu pour la messe pontificale et l’inhumation dans la crypte de l’église d’Ecône a été Mgr Fellay, qui n’a plus de fonction prestigieuse au sein de la Fraternité.

 

Dans son homélie le Prélat a l’audace froide de déclarer que la Fraternité continue fidèlement l’œuvre de Monseigneur Lefebvre, devant une assemblée nombreuse de clercs, prêtres et séminaristes, de religieux et religieuses, de fidèles de Suisse et de l’étranger. Qui osera broncher ? Personne pour l’instant. Nous attendons une levée de clercs qui enfin parle : bas les mascarades sur des vérités diminuées. Prétendre que la Fraternité actuelle est fidèle à ce que Monseigneur lui a transmis relève du mensonge.

 

Mgr Fellay ne se tait pas et avance non masqué : il poursuit son œuvre entreprise depuis des années, dans un but bien réel, quoique plus discret. Le ralliement à la Rome moderniste est en voie et c’est inéluctable. De petits pas, l’air de rien.

 

Voici quelques exemples, et jamais Mgr Fellay ne s’est dédit :

 

Là ou Mgr Lefebvre affirmait en accusant le Concile : « Sans rejeter en bloc ce concile, je pense qu’il est le plus grand désastre de ce siècle et de tous les siècles passés, depuis la fondation de l’Église », Mgr Fellay rétorque : « Je pense, nous voyons que beaucoup de choses que nous aurions condamnées comme venant du concile, n’appartiennent pas en fait au concile, mais à la compréhension commune qu’on en a. »

 

Là où Mgr Lefebvre affirmait : « C’est donc un devoir strict pour tout prêtre voulant demeurer catholique de se séparer de cette Église conciliaire, tant qu’elle ne retrouvera pas la tradition du Magistère de l’Église et de la foi catholique » (Itinéraire Spirituel), Mgr Fellay dit au sujet des discussions avec la Rome moderniste lors de son sermon du 2 février 2012 à Winona : « Nous leur avons dit très clairement, si vous nous acceptez tel quel, sans changement, sans nous obliger à accepter ces choses-là, alors nous sommes prêts. »

 

Il n’est pas étonnant que Mgr Fellay ait été choisi pour une telle cérémonie… Le ver est bien dans le fruit !

Sur la tombe de l’archevêque sont gravés ces mots : « Tradidi quod et accepi – J’ai transmis ce que j’ai reçu ». Ces mots reflètent à juste titre ce que Mgr Fellay a dit dans son homélie : ce fut le seul souci de Mgr Lefebvre, jusqu’à sa mort. Mais, s’ils poursuivent dans leur voie d’une reconnaissance par palier, Mgr Fellay et l’ensemble des Supérieurs actuels de la Fraternité Saint-Pie X ne mériteront pas d’avoir sur leur tombe les mêmes mots.

 

 

Martin Dalbanne

25 septembre 2020